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1. Alliances ethniques

Feda Wardak, Saïdo Lehlouh et Deena Abdelwahed, Ce que le ciel ne sait pas - Désert de Jeghatu, Afghanistan © Feda Wardak

Bœuf. Plus de 1200 (!) artistes et pros de la musique – dont Pioche! – signent « L'Appel des 1000 : la musique en résistance », lancé par le collectif Cultures Futures, le Syndicat des musiques actuelles et la revue Politis. RDV ce soir à 18h30 au Point Éphémère (Paris) pour le partage du texte, de la parole, et d’un dossier spécial de 52 pages dans Politis, afin de dire l’impasse d’un secteur musical plus industrialisé, financiarisé, et fragilisé par les politiques culturelles et les pressions idéologiques.

Chorale. Six assos nationales de prévention et de formation contre les violences et harcèlements sexuels et sexistes (VHSS) – Les Catherinettes, Safer, Consentis, Les Établi·es, Serein·es, La Petite – se regroupent en une fédération, FACILE, pour « structurer le secteur, mutualiser les outils de travail et travailler à la reconnaissance des nouveaux métiers de l’accompagnement (…) sur le terrain ». Lancement ce soir aux Rencontres égalité & inclusivité de la Fédélima, à Évreux (27).

Hotline Bling. Pour inaugurer la première vague de chaleur de l’année, le Gouvernement présentait hier son « plan d'endurance face aux vagues de chaleur », essentiellement un rappel des mesures en cours. On attend toujours un mot sur les précautions à prendre face aux 40°C annoncés pour la Fête de la musique.

Lu en passant (chez Médianes), cette étude récente suggère que les coiffeur·ses seraient d'important·es influenceur·ses de l'écologie, grâce au lien de confiance qu'iels nouent avec leur clientèle. Why not!

2. Les voix de Pablo Servigne, Samah Karaki et Olivier Hamant appellent à la « vulnérabilité » dans la puissante œuvre sonore d'Odalie

La salle est plongée dans l’obscurité. Plusieurs enceintes entourent le public. Assise sur des poufs ou à demi-allongée, la cinquantaine de personnes se laisse transporter par un savant mélange de musique électronique, de punchlines écologistes, et de sound design. Bienvenue dans l’expérience « Puissante Vulnérabilité », l’œuvre sonore par laquelle l’artiste française Odalie donne voix à la crise de sens qui traverse notre ère. Un voyage vers nos fragilités humaines, nos conflits intimes, et ce qui nous unit.

« Les émotions sont des ralentisseurs. Si le dogme est d’aller de plus en plus vite, il y a de moins en moins de places pour les émotions. » Pendant 50 minutes, les phrases défilent, anonymes, mêlées aux nappes et les rythmes synthétiques d’Odalie. Et semblent se répondre. Sur le programme, on lit qu’il s’agit des voix de scientifiques, philosophes, auteurs ou d’activistes de renom : Pablo Servigne, Olivier Hamant, Samah Karaki (notre interview), Timothée Parrique, Eva Sadoun...

Odalie vue par ©Anne-Laure Etienne

Quinze heures d’entretiens, patiemment collectées, ont été nécessaires à Sophie Griffon, de son vrai nom, une ancienne de Radio France passée par le militantisme, pour orchestrer cette conversation imaginaire. Comme un grand banquet des nouvelles pensées actuelles, s’y confondent crises sociales, écologiques et interpersonnelles en une même « crise de la sensibilité »

Une triste conjugaison de pertes de liens avec le vivant, avec soi-même et avec les autres, à laquelle répondent, doucement, les mots – si galvaudés –  « amour », « tendresse », « douceur » et « vulnérabilité ». Comme des signaux qu’il y a là sinon la solution, a minima des remèdes. Et au bout du compte, une vraie synthèse de la pensée écologique d'aujourd'hui. Qui donne des frissons, des larmes, et de l’espoir.

Ton installation fait une grande place aux mots de scientifiques et penseur·ses d’aujourd’hui. Tu souhaitais d’abord rendre leur pensée accessible ? 

Odalie : Au moment où l’on remet énormément en question l’avis des scientifiques, l’art est un bon endroit pour leur redonner la parole. D’autant que dans le cadre d'une œuvre artistique, cela touche des personnes qui ne seraient pas allées les écouter…

Alain Damasio expliquait qu’à la place de La Zone du Dehors et Les Furtifs, il aurait pu écrire des traités de politique, mais que ça n'aurait pas touché autant de monde. La forme du roman, avec des personnages politisés auxquels on s’attache fort sentimentalement, ça a beaucoup plus d’impact émotionnel. 

Moi, je suis en capacité de faire de la musique. J’ai lu tous leurs livres, mais je sais que tout le monde ne le fera pas. L’idée est donc de récupérer le fond de leur pensée, et d'essayer de les mêler à ma musique pour que ce soit plus accessible. En 50 minutes, tu en comprends le sens, et tu vois que leurs pensées convergent. (…)

Il y a un moment de bascule particulièrement poignant où l’œuvre glisse vers une sémantique différente, où l’on aborde l’amour, la tendresse, la douceur, comme remèdes à la compétition ou la quête de puissance. Cela pourrait surprendre.

Oui et pourtant, toutes les personnes que j’ai interviewées m’ont parlé d’amour. C’était même le centre des solutions, tout le temps. La poétesse Cindy Pooch m’a cité À propos d’amour de bell hooks, Pablo Servigne m’a cité le pape François, alors qu’il est complètement athée.

Le consentement, la souveraineté personnelle, sont aussi des choses qui reviennent beaucoup dans les interviews. Aider les autres à être, accepter leur « non » comme un cadeau et non comme une agression, ça revient tout le temps. Comment apprendre à connaître nos propres limites.

Être plus puissant sur ces sujets-là en groupe, c’est la possibilité d’avoir des revendications politiques ensuite qui ne sont pas seulement personnelles. En étant des individus tout cassés, sans compréhension de nos limites, de nos besoins, de notre fatigue, est-ce qu’on a les moyens de lutter ? Ce lien-là apparaît tout le temps.  (…)

Lire la suite de l’article sur piochemag.fr.
À noter : Odalie prépare la tournée hexagonale de « Puissante Vulnérabilité » avant une date prestigieuse à Grenoble, en 2027.

3. Tropico-coco

18-21 juin, Paris. Anticipation Festival revient à la Gaîté Lyrique pour sa 3e édition et un programme écologique et culturel soutenu, entre expos, talks, ateliers, concerts et DJ sets. Highlight de l’événement, l’expo La Vue de ma Mère du collectif Banlieues Climat, sur le parvis de la Gaîté, où comment écouter les histoires des mamans des quartiers, par elles-mêmes, depuis des coffres de voitures. Autonomie totale. Et vraie piraterie.

19-20 juin, Toulouse. Malgré un contexte économique pas ouf, le Bel Air Festival résiste et se transforme en « micro-festival » pour se concentrer sur l’essentiel : proximité entre le public, les artistes et les bénévoles. Et ce quartier, Pech-David, sur les hauteurs de Toulouse et vue sur les Pyrénées, qui accueillira les sons bass music, house, UK et techno, une cuisine végé et locale, un concours de coinche…

Jusqu’au 21 juin. Dans toute la France – et de plus en plus en Europe, et même en Inde – ce sont les derniers jours des Nuits des Forêts 2026, et ses multiples manifestations artistiques (concerts, danses, spectacles, contes…) et pas que (débats, cueillettes, jeux…) dans nos jolis bois. Une carte interactive permet de plonger dans la profusion de ces propositions près de chez soi, toutes fort enthousiasmantes.

4. Passé chez Pioche!

5. Picorer

Feda Wardak, Saïdo Lehlouh et Deena Abdelwahed, Ce que le ciel ne sait pas - Saifullah, jeune berger de 14 ans dans le désert de Jeghatu © Feda Wardak

Le spectacle. Après les Nuits de Fourvière lyonnaises début juin, le Festival de Marseille accueille Ce que le ciel ne sait pas (16-18.06 à la Vieille Charité), une création de l’architecte Feda Wardak, la chorégraphe Saïdo Lehlouh et la DJ et musicienne Deena Abdelwahed, autour d’un immense escalier hélicoïdal tournant sur son axe central. Où quand chercher de l'eau évoque les violences de l'impérialisme et les résistances qui y répondent dans les zones tribales afghanes.

Le livre audio. On aimait déjà les éditions La Fabrique et ses essais incisifs de Louisa Yousfi, Andreas Malm, Houria Bouteldja, Frédéric Lordon... Voilà ces textes désormais en livres-audio : après Un féminisme décolonial de Françoise Vergès (à écouter ici), c’est le taulier Jacques Rancière qui se voit lu – par Eric Ruf de la Comédie-Française svp – avec son Au loin la liberté. Essai du Tchekhov (en écoute là). Bonne balade.

Le film. Sélectionné par nos amies de Hum Média, Cocotte du Hongrois György Pálfi. À grand pouvoir, grandes responsabilités – mais si l’héroïne était une poule ? Échappée d’un élevage industriel, elle trouve refuge dans la cour d’un restaurant en ruine. Là, elle découvre l’amour, défie la loi du bec et se bat pour protéger ses œufs. Sa quête, tendre et ironique, résonne avec les combats silencieux et petits arrangements de la vie humaine. En salles.

6. Six papiers

7. Commu

  • Démantèlement de l’Ademe : une pétition est lancée sur le site de l'Assemblée Nationale, déjà près de 5000 signataires.

  • La revue terriroriale Ismée d’Anne-Sophie Novel voit son estival 4e numéro se pencher sur l’histoire de la musique dans l’entre-deux-mers, ce coin entre Garonne et Dordogne.

  • Stéphanie Ampart et les potes de l’Inn-Attendue, à Lunas près de Montpellier, font leur festival ce week-end avec du (très) beau monde dans leur joli lieu, dont le collectif de danseuses éco-féministe Piedebiches <3

  • De leur côté l’agence Jigsaw s’allie au studio Kokumi pour initier la revue du même nom – kokumi donc – « une exploration des liens profonds entre le bâti, les paysages et les territoires ». Et c’est très beau.

  • Les Éditions de la Mer Salée ont lancé une initiative pas banale : la bascule vers une maison d’édition coopérative, et donc une campagne d'ouverture du capital au public. C’est à vous/nous.

  • L'équipe des Nuits de Fourvière, à Lyon, organise le 24.06 la matinée de réflexion « Le spectacle sous 50 degrés » au Village des Nuits de Fourvière. Inscriptions ici.

  • Alors ces Vélis (véhicules intermédiaires entre le vélo et la voiture, promu par l’Ademe) en test aux Trans Musicales 2025, ça donne quoi ? Bilan et « retex » du Collectif des festivals par ici.

8. Next

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