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1. Aucun rapport

Expo « Global Warning », au Jeu de Paume dès le 30.01 © Martin Parr / Magnum Photos

Bis. Vous êtes aux BIS, les biennales internationales du spectacle, ces 21 et 22.01 à Nantes, comme un (très) grand nombre des pros du spectacle vivant, des techniciens aux têtes de réseaux ? Lucky you. Ce n’est malheureusement pas le cas de votre ministre de tutelle, Mme Dati. Huée à l’ouverture pour sa nouvelle absence après celle de l’édition 2024, souhaite-t-elle éviter les occasions de perdre des plumes avant les Municipales ?

Bis (bis). La candidate à la mairie de Paris, qui se réclamait hier, par la bouche de son DG à la création artistique, « s’être battue depuis deux ans pour maintenir le budget de la culture », y était en effet attendue par « une soixantaine de réseaux, fédérations et organisations professionnelles de la culture et de l’économie sociale et solidaire ». Celles-ci déplorent au contraire plusieurs baisses annoncées dans le budget 2026 – et le silence de l’intéressée.

Vas-y Wasa. Il y avait pourtant une (autre) bonne raison de se rendre dans la cité des Ducs pour les BIS : visiter l’espace – désormais central – consacré aux « actualités, recherches et débats portant sur les transitions sociales et écologiques du secteur culturel », le bien-nommé Wasabis. Là, on y discute depuis hier du culte de la performance, de l’entre-soi dans la culture, ou encore de prévention des violences sexistes (lire ci-dessous). Le plaisir est complet.

Pendant ce temps, Billie Eilish recevait ce week-end à Atlanta le prix de la justice environnementale lors des Martin Luther King Jr. Beloved Community Awards – et en effet, le travail sur ses tournées devraient inspirer plus d’un·e popstar – dénonçant au passage les exactions de l’ICE, la police fédérale de l’immigration aux États-Unis. Strike.

2. « La lutte contre les violences sexistes et sexuelles ne doit plus reposer sur le militantisme ou sur l’urgence » – Justine Noël (Safer)

« La lutte contre les VSS est un métier à part entière. » L’appel de Safer, l’une des assocations-phare de lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) en milieu festif, a le mérite de la clarté. À l’occasion de la publication d’un livre blanc sur le sujet, lassociations spécialisées et agences de sécurité plaident désormais pour une vraie « politique publique structurée » sur le sujet. Rencontre.

Et rendez-vous aux BIS, aujourd’hui à 13h15 salle 200, pour assister à la rencontre intitulée « Mettre fin au bricolage : vers une véritable professionnalisation de la prévention des VHSS ».

Leurs chasubles fluos font désormais partie du paysage des festivals. Les maraudes d’intervention contre les violences sexistes et sexuelles (VSS), comme les affiches et les stands de prévention, se sont imposés en quelques années comme indispensables pour organiser une fête safe. À tel point qu’en 2024, plus d’un·e festivalier·e sur quatre estimait que l’absence de dispositif de lutte contre les VSS pourrait compromettre sa participation à un événement.

Derrière ces dispositifs, on retrouve des associations à la croisée entre la culture, la réduction des risques (RDR) et la sécurité. C’est le cas de Safer qui propose depuis 2021 une application mobile pour signaler des comportements problématiques, directement reliée à des équipes de maraude sensibilisées pour accompagner les victimes et témoins vers les profesionel·les présent·es sur place.

Brief des équipes Safer au festival Marsatac 2025 ©Isis Mecheraf

Ce dispositif désormais bien identifié en France est porté par Orane, l’association organisatrice du festival Marsatac depuis 25 ans, qui publie cet automne le premier livre blanc dédié à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles en milieu festif. Un document de 120 pages qui plaide pour un véritable changement d’échelle, et une professionnalisation du sujet. « La lutte contre les VSS ne doit plus reposer sur le militantisme ou sur l’urgence », résume Justine Noël, responsable de Safer. (…)

« La lutte contre les VSS est un métier à part entière »

Pas question toutefois de demander aux agences de sécurité de porter seules ces dispositifs. « La lutte contre les VSS est un métier à part entière », affirme Justine Noël, pour qui l’expertise des structures spécialisées comme Safer ou Les Catherinettes est indispensable.

Co-rédigé avec les participant·es au cycle de rencontres, le livre blanc appelle plutôt à rendre systématique un fonctionnement à deux structures – une dédiée à la sécurité, une spécialisée sur la lutte contre les VSS. « Nous sommes complémentaires. Lorsqu’une situation est signalée, l’équipe de maraude prend en charge la victime, tandis que les agents de sûreté assurent leur protection et prennent en charge l’agresseur présumé », explique Christophe Denoyelle, qui précise que le recours à des dispositifs spécialisés reste encore très minoritaire dans le monde de la fête.

« Un guide à destination de toutes les structures qui se demandent comment faire mieux »

Une conclusion forgée à la suite d’un cycle de rencontre, réunissant une centaine de professionel·les au printemps 2025. Dans le lot, des structures peu habituées des raouts de la culture : les agences de sécurité.

« Nous sommes pourtant le premier visage que le public rencontre, rappelle Christophe Denoyelle, dirigeant de l’entreprise Step by step sécurité, spécialisée dans l’évènementiel. Et nos agents sont aussi les premières personnes vers qui se tourner en cas de soucis, notamment en cas de VSS ».

Alors, si le livre blanc plaide pour intégrer un module dédié à la lutte contre les VSS dans la formation professionnelle des agent·es de sûreté, c’est d’abord aux organisateur·ices de se hisser à la hauteur des enjeux. « On ne peut plus se contenter de dispositifs associatifs, portés à côté de l’évènement, la lutte contre les VSS doit être intégrée dans l’organisation », plaide Justine Noël.

La fin des bonnes intentions

En ce sens, le livre blanc a été pensé comme un « guide à destination de toutes les structures qui se demandent comment faire mieux », selon Aurélie Berducat, coordinatrice du cycle de rencontres et de l’écriture du livre blanc. Le document recense ainsi une multitude d’outils concrets destinés aux organisateur·ices (…).

3. Simple. Basique.

One Home. C’est à l’Académie du climat qu’il faudra trainer ses guêtres ces prochains jours, tant l’agenda proposé est réjouissant. Voyez plutôt. Ce soir, 20h-22h, comment « se repérer dans la jungle des labels », avec Ethiquable, Max Havelaar et UFC-Que Choisir. Demain, c’est la soirée « Océans » d’Oblique Festival, une jeune équipe qui mêle arts et sciences pour combler un « déficit d’imaginaires » par la fête : on soutient !

Amen. Last but not least, l’Académie du Climat accueille samedi les Rencontres internationales pour le 100e anniversaire de la naissance d’Ivan Illich (1926-2002). Chiant ? Loin s’en faut ! La pensée de l’auteur critique des techno-structures (école, santé, industrie…) et du culte de la vitesse n’a peut-être jamais été autant d’actualité qu’à l’heure des réseaux dit sociaux et de l’apparition de l’IA. De bonnes bases.

Valse. Enfin, il reste encore deux petits jours pour aller assister à Doué·es, le spectacle de la Cie des Mille Printemps – que l’on aime aussi beaucoup pour leur festival à la campagne (notre article) – au Théâtre 13 / Bibliothèque, Paris 13e. On aura loupé la rencontre après le spectacle avec la neuroscientifique et conférencière Samah Karaki (notre interview) le 9.01, mais l’info donne de bons indices sur la qualité de l’ensemble.

4. Pas de ça chez Pioche!

5. Spectateur du désespoir

Expo « Global Warning », au Jeu de Paume dès le 30.01 © Martin Parr / Magnum Photos

L’expo. Triste hasard du calendrier : l’immense rétrospective « Global Warning » en 180 œuvres du photographe britannique Martin Parr, prévue au Jeu de Paume (Paris), du 30.01 au 24.05, se fera sans l’intéressé, mort le 6 décembre dernier. Son regard ironique sur les absurdité de notre monde, ses déséquilibres écologiques et les dérives de nos modes de vie, depuis ses débuts en noir et blanc à ses œuvres les plus récentes, reste lui toujours aussi vif et percutant. Immanquable.

Le livre. 60 ans de démocratisation culturelle, de Malraux à Lang, pour finalement laisser les classes populaires au bord du chemin. Tel est le constat que retrace Réinventer la politique culturelle - L'Exclusion culturelle, livre du metteur en scène et conseiller culture Victorien Bornéat, à paraître en partenariat avec la Fondation Jean-Jaurès ce 23.01. Et qui formule, surtout, une série de propositions concrètes pour tenter (enfin) de rassembler générations et classes sociales.

Le podcast. Rencontrée à la sortie de son livre Autonomes et solidaires pour le vivant. S'organiser sans l'autorité de l'Etat (notre interview), la journaliste Juliette Duquesne prolonge ses analyses et reportages sous la forme de podcasts. Cette nouvelle saison des « Carnets d'alerte », produits avec Reporterre, nous emmène auprès de différents collectifs en France, jusqu'au Chiapas, au Mexique. Agréable, et pertinent.

À la radio. « Tout le monde aime la nature, mais une bonne partie du peuple déteste les écolos. » C’est ainsi que la célèbre émission de France Culture LSD débute son enquête qui interroge – en 4 épisodes d’une heure chacun« les conditions nécessaires pour faire de l’écologie une cause populaire, transversale et partagée », alors que la transition pèse plus lourd sur le quotidien des plus pauvres. Spoiler : l’enjeu est éminemment démocratique.

6. Les longs soirs d’hiver

7. Sympa

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