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1. Le compte n’y est pas

Même en y ajoutant LIOT (peu probable), les 288 voix nécessaires à la censure ne sont pour l’heure pas atteintes. Source : Le Monde.
Cliffhanger. « Le compte n’y est pas », déclarait le chef des députés PS Boris Vallaud après le discours F. Bayrou. Pire, pour Greenpeace, le PM « confirme sa méconnaissance des enjeux environnementaux », et sa vision « techno-solutionniste » en soutien au « productivisme industriel ou agricole », rejoignant le banc des critiques – et futurs censeurs – à gauche. Or, PS ou non, même avec LIOT (peu probable), les 288 voix nécessaires à la censure ne sont pour l’heure pas atteintes.
Big Bada Boom. Le festival belge Tomorrowland – 400 000 ravers, venus pour 14 000 d’entre eux en avion (!) – annonce enfin passer aux écocups en 2025 après avoir écopé d’une amende de 727 000€ pour ne pas l’avoir fait dès 2024, contrairement à la législation en vigueur. Sa déclinaison « Winter » à l’Alpe d’Huez – et son impressionnant bilan carbone – est elle, malgré les oppositions locales, bien reconduite à la mi-mars.
Get Lucky. À ces ami·es belges, on ne peut que conseiller BouTure – pour « boussole écologique de la culture » –, l’outil lancé par le ministère de la Culture fin 2024 et permettant à tout acteur culturel de réaliser un autodiagnostic de la transition écologique de sa structure. Le tout en 33 questions et 5 domaines : 1/ vision stratégique et gouvernance ; 2/ mesures, label ou certif’ obtenues ; 3/ écologie en interne ; 4/ dans son offre culturelle ; 5/ et parmi les équipes. Veel geluk!
Puisque nous y sommes, mentionnons aussi ici L’Écothèque, cette jeune (et fort fournie) plateforme dédiée à l’écoscénographie, soit aux moyens de créer – au sens noble – en s’appuyant sur l’économie circulaire. Avec l’aide du vaste réseau Les Augures Lab Scénogrrrraphie et de ses 80 acteurs culturel derrière cette formidable initiative. Et en plus, chose rare, c’est beau.
2. À Lyon, la petite salle jazz Le Périscope accélère la redirection écologique de la musique en Europe
Lieu de jazz incontournable à Lyon, Le Périscope s’est affirmé en quelques années comme un moteur de la transition écologique de la musique en Europe. Cette petite salle s’est entourée de partenaires européens pour expérimenter d’autres modèles de diffusion, plus artisanaux, pour prendre à bras le corps l’épineux sujet des mobilités du public et des artistes. Et défendre le rôle clé des petits lieux dans le futur du live. Reportage de Baptiste Thomasset.
De Tampere en Finlande à Cadix en Espagne en passant par Athènes, Lyon et Amsterdam, neuf salles de jazz se sont unies en mars 2023 autour d’une ambition : imaginer les tournées du futur. À l’heure où le secteur du live tente de réduire son empreinte carbone, plombée par les mobilités, ce projet nommé Better Live tente de concilier écologie et circulation internationale des artistes.
Pour y parvenir, chacune des salles s’attache à créer un réseau de lieux sur son territoire. Objectif : permettre aux musicien·nes venu·es de loin de rester plus longtemps et de se produire plusieurs fois. Connectés les uns aux autres, ces « groupes locaux de programmation » pavent la voie vers des tournées géographiquement cohérentes, à contre-courant des pratiques de l’industrie musicale.
Petite jauge, grandes ambitions
Pour en savoir plus sur ce projet européen, il faut s’aventurer entre la gare Perrache, l’autoroute A6 et l’ancienne prison Saint-Paul, à Lyon. Ici, la petite mais incontournable salle de jazz Le Périscope s’est imposée en quelques années comme un moteur de la transition écologique de la musique en Europe, incarnant une version artistique du fameux « penser global, agir local ».
« Changer les manières de se déplacer pour pouvoir continuer à le faire »
Ainsi, lorsque la salle s’empare des enjeux écologiques, en 2020, c’est en s’entourant de plusieurs acteurs du jazz en Europe, afin de réaliser une somme de bilans carbone représentatifs du secteur de la musique live. Le constat de ce projet nommé Footprints est sans appel. Pour être à la hauteur de l’urgence écologique, le secteur du live doit se pencher sur les mobilités.
Le Périscope impulse alors deux autres projets, Better Live et Landscape, financés par l’Union Européenne. Landscape est une large étude sur le déplacement des publics dans les salles de musiques actuelles dont la conclusion apporte une idée nouvelle : plus un lieu est petit, plus son empreinte carbone par spectateur·ice est réduite.
Du côté de la circulation des artistes, la comptabilité carbone des tournées soulève des questions essentielles. « Ça touche au cœur de ce qu’on fait : se déplacer, se mélanger, se nourrir de ce qui se fait ailleurs, expose Pierre Dugelay, actuel directeur du Périscope. Quand je vois des jeunes artistes qui ne veulent plus voyager du tout, ça me pique un peu, je suis convaincu qu’on a besoin de ces rencontres. »
Le Périscope tente alors de proposer une voie à mi-chemin entre le modèle insoutenable de l’industrie musicale et les initiatives uniquement tournées vers le local. Cette voie, c’est Better Live et ses réseaux de tournée locale dispersés en Europe, proposant de « changer les manières de se déplacer pour pouvoir continuer à le faire », selon la formule de la coordinatrice du projet, Mathilde Sallez.
Une écologie des petites jauges
Au fil des études et des expérimentations, Le Périscope et ses partenaires portent haut et fort la pertinence des petites salles dans l’invention d’un modèle de diffusion durable. Celles-ci sont souvent plus ancrées dans leur territoire et plus sobres en carbone.
Et c’est peut-être là que réside la singularité des engagements du Périscope. En allant plus loin que les enjeux techniques de décarbonation, la salle lyonnaise appelle à une transformation structurelle faite de déconcentration du secteur du live et de soutien à la culture de proximité.
« On parle de transition écologique mais au fond ce que les petites salles portent depuis toujours, c’est un modèle qui dépasse l’organisation de concerts, qui prend le temps d’accompagner les artistes, qui noue des liens avec les habitant·es, développe Benjamin Fraigneau. En bref, quelque chose de plus artisanal. » (…)
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3. No joke

« Ou comment révéler avec lucidité et un certain humour les émotions que génèrent les concepts de crise écologique et d’effondrement ? » ©One Breath
DJ Colapso. L’exigeant festival de danse Waterproof (17/01-1/02 à Rennes) accueille la première de Cherry Collapse, de la compagnie de « danse bio-inspirée » One Breath, de Marine Chesnais. Celle-ci sera sur scène avec le comédien Christophe Paou et le musicien écolo François Joncour pour répondre « avec lucidité et un certain humour » aux notions de crise écologique et d’effondrements. Après le spectacle, DJ set « spécial effondrements » le 22/01, rencontre avec le collapso Gauthier Chapelle le 23.
Fonky Family. Dans la famille « les musiciens s’engagent », voici le Quatuor Tchalik, quatre frères et sœurs engagé·es pour la sauvegarde des forêts d’érables, pourvoyeuses tricentenaires de chevalets utilisées en musique classique. À l’Académie du Climat ce 17/01, ils et elles interpréteront deux pièces de Mozart, avant plusieurs interventions appelant à protéger ces essences rares utilisées dans la construction des instruments de musique.
Go Shorty. Enfin, il semble encore possible de s’inscrire à la journée « Économie circulaire : conception de spectacles et de projets dans les lieux culturels », qui a lieu aujourd’hui à Lyon de 10h à 17h30. Sur place, les représentant·es des structures Aremacs, Cagibig, Les Augures Lab Scénogrrrraphie, ainsi que le TNG et l’Opéra de Lyon pour le Collectif 17h25, et Frédérique Sarre pour le ministère de la Culture. Ramener son pique-nique veggie (no joke).
4. Hardi, camarades
Le replay. On se repasse volontiers les podcasts issus des Rencontres Arviva 2024 – début décembre à Bobigny – où étaient croisés les sujets d’« Écologie, publics et territoires », « Ecologie et modèles économiques » et « Ecologie et démocratie », avec notamment la philosophe Joëlle Zask, Sarah Helly de l’Institut européen de l’économie de la fonctionnalité, ou le socio-anthropologue Fabrice Raffin.
La revue. Si le premier numéro de Fracas traçait les contours de « la révolution écologique qui vient », le 2nd numéro prend acte de « la menace carbofasciste ». Soit l’alliance « entre l’extrême droite et l’industrie fossile », charriant avec elle « anti-écologisme, extractivisme et masculinisme » (poke D. Trump). Le reste du sommaire déploie l’éventail des luttes, avec en ligne de mire leur convergence. Hardi, camarades !
L’étude. De la stimulante et très complète étude sur les tiers-lieux nourriciers, produite par l’agence France Tiers-Lieux, on retiendra (pour aller droit au but) cette conclusion : « Les tiers-lieux nourriciers ont un impact sur la qualité de vie des citoyens, le lien social, l’alimentation des familles précaires, ou encore la préservation des ressources naturelles locales. » À lire.
La BD. C’est une bien joyeuse bande dessinée qui sort ce 22/01, réunissant sur les mêmes planches le scénariste multi-primé Vincent Zabus, le prolifique dessinateur Nicoby et le plus célèbre des botanistes français, Francis Hallé. Ces trois gais lurons signent avec Le génie de la forêt – 112 pages chez Albin Michel – une amusante balade, tout à la fois philosophique et poétique, à la découverte du monde des arbres.
La vidéo. Sans vidéo particulière cette semaine, on glisse ici la dernière de La Dernière (qu’on ne fera pas l’affront de vous présenter) avec en invité Clément Viktorovitch, aux côtés de la bande « à » Guillaume Meurice – qui s’étoffe chaque semaine – Juliette Arnaud, Aymeric Lompret, Pierre-Emmanuel Barré, Thomas VDB, GiedRé et Marie Treibert. « C'est à babord… »
5. Bouge tes cheveux
Vous avez un projet ou une annonce à faire paraître sur Pioche! ? Écrivez-nous à [email protected].
Préparez vos CVs (et/ou votre lettre de dem’), ça embauche fort en CDD/CDI en ce début 2025.
La Fondation Daniel et Nina Carasso (alimentation durable et art citoyen) lance leur appel à projets « Composer les savoirs pour imaginer un avenir durable » pour, cette année, « imaginer des futurs durables » autour de l’eau. Dépôt des projets jusqu’au 28/02.
Festivals de l’ouest de la France, sont ouvertes les candidatures pour Les Bravos, édition 2025, ces trophées qui valorisent les engagements des festivals pour la transition écologique et sociale.
En cette nouvelle année, le collectif R2D2 continue de proposer des temps d'échanges mensuels en visio – tous les troisième lundis du mois, entre 13h et 14h – pour les référent·es développement durable des structures culturelles.
De même, le Collectif des festivals propose ses formations, à Rennes, pour « amorcer la transition énergétique mon festival de plein air » ; « déployer des actions de communication responsables » ou une « direction technique éco-responsable ».
Les confrères et consœurs de Vert lancent leur nouvelle verticale dédiée au décryptage de l’extrême droite et des climatosceptiques Chaleurs actuelles ce 20/01 à la REcyclerie : quiz collectif, rencontre avec Hello Quitte X et table-ronde à la clé.
6. Danse du ventre
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