1. Fake news

Beware of Le Chat.
IA quoi. Des chercheurs de la Columbia Journalism Review (CJR) ont demandé à huit modèles d’IA d’identifier la source, l’éditeur ou la date de publication de divers extraits d’articles. Résultat : plus de 60% des réponses contiennent de fausses infos, inventent des liens ou des sources, exposés avec une confiance déconcertante. L’étude appelle à la prudence, alors que 25% des US utilisent désormais l’IA pour s’informer.
Sous vos applaudissements. En France, alors que la production d’1h de contenu audiovisuel émet 16t. de CO2e – soit 1,8x le tour de la Terre en Kangoo (Ecoprod) – France Télévisions lance sa Convention pour le climat et l'environnement : 80 salarié·es tiré·es au sort élaboreront entre mai et octobre « des propositions concrètes et à fort impact » qui « nourriront » un futur « plan de transition écologique ».
Bancs publics. Alors que la mobilité des publics pèse souvent lourd dans l’impact des événements, le COFEES publie un guide d’action très détaillé et (chose rare) lisible sur le sujet à partir de divers cas pratiques – dont une expérimentation d’ampleur lors du festival d’Avignon. Parmi les préconisations, l’organisation de « commissions transports » en amont ou des trains plus tardifs roulant les soirs d’événement. Malin.
Memento. Depuis janvier, le Centre national de la musique (CNM) a instauré de nouveaux critères pour ses aides financières, afin d’inciter à plus de « responsabilité sociétale » en matière de transition écologique, de management et d’égalité femmes-hommes. Le détail des dispositifs ou formations à mettre en œuvre vient d’être publié, de nombreuses aides sont concernées.
2. « L’éco-responsabilité, c’est le niveau 1, maintenant, il faut passer au niveau 2 » – David Irle
Des festivals aux Jeux olympiques, l’organisation d’événements a été transformée en quelques années par l’urgence écologique. Or, du simple tri des déchets à la transformation d’un modèle économique, du célèbre bilan carbone aux risques de greenwashing, le sport et la culture s’interrogent sur les manières de (re)placer les événements au service de l’intérêt général. Prise de température lors des dernières Journées de l’événementiel éco-responsables, les JEER, à Lyon fin 2024.
(…) « L’écologie n’est plus ce petit bonus dont on s’occupe bénévolement le soir, une fois les enfants couchés » se réjouit Paul Berthet, co-directeur de l’association Aremacs co-organisatrice des JEER aux côtés de la Métropole de Lyon. Pour témoigner du chemin parcouru, ce dernier retrace la longue histoire de son association fondée en 2004 par deux amis déterminés à nettoyer les sites de festivals jonchés de déchets, jusqu’à mobiliser aujourd’hui des centaines de bénévoles sur des événements partout en France.

Festival Le Bon Air ©Annaëlle Peyre
En effet, l’éco-responsabilité dépasse aujourd’hui les bonnes volontés et s’impose par le haut dans les filières évènementielles. La Loi AGEC votée en 2020 a transformé en profondeur la gestion des déchets, les clauses d’éco-conditionnalité des subventions publiques deviennent courantes et les normes se multiplient, à l’image de l’ISO 20.121 « pour un événementiel responsable ». « Le temps des pionniers, c’est fini », résume l’éco-conseiller David Irle.
Le coût du changement
Au micro et dans les discussions informelles autour du buffet (végétarien et zéro déchet, bien sûr), ces réglementations sont saluées pour leur capacité à faire bouger les mastodontes du secteur. Mais les participant·es expriment également le besoin d’accompagnement face à ces normes. Tant pour financer les transformations que pour éviter les fausses bonnes idées telles que la distribution de tote bags en coton bio, ces totems de l’éco-responsabilité qui doivent être utilisés 20 000 fois avant de compenser l’impact de leur production.
« Sévère avec les puissant·es, doux avec les fragiles »
Dans un contexte économique fragile, symbolisé par la récente réduction de 73 % des subventions culturelles de la Région Pays de la Loire, le coût de l’éco-responsabilité ravive l’enjeu de justice sociale. L’importance d’être « sévère avec les puissant·es, et doux avec les fragiles », selon David Irle, qui invite tout de même l’audience du jour à « devenir des emmerdeur·ses qui poussent les murs de la réglementation ».
De son côté, David Irle estime qu’un moyen d’avancer sur l’écologie est parfois… de ne pas en parler. Exemple à l’appui : l’offre végétarienne en festival se révèle parfois mieux acceptée quand elle est justifiée par la réduction des coûts et la simplicité logistique, plutôt que par l’argument carbone.
Passer au niveau suivant
Pour éviter le « retour de bâton » de plus en plus courant sur les sujets écologiques, il propose d’adopter un langage plus pragmatique, en « insistant sur les cobénéfices de la transformation et en chiffrant le coût de l’inaction ». « On a été obsessionnel·les de nos impacts, poursuit le co-auteur de l’ouvrage Décarboner la culture publié chez PUG. L’éco-responsabilité, c’est le niveau 1, maintenant, il faut passer au niveau 2 : la soutenabilité ».
Contre les risques de greenwashing, ou de solutionnisme technologique, les JEER apparaissent ainsi comme un espace où envisager des transformations structurelles. Un temps pour imaginer une sortie par le haut face aux difficultés économiques et à la multiplication des aléas climatiques qui menacent les filières évènementielles. (…)
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3. Annulez-tout
Paris Paris. C’est ce soir à Paname, dans ce super club nommé Mazette (ex-Concrete pour les boomers) : le collectif Club Zéro Plastique – à l’origine de la campagne #Ramènetagourde – fête ses 2 ans d’un clubbing moins plastique et plus circulaire, avec un « meet-up » des pros de la musique et de l’écologie, deux tables-rondes, une présentation du bilan des 2 ans... Et une belle fête comme on aime. Chic.
93 Party. Événement d’ampleur pour le 9-3 que cette première édition du Festival de l’alimentation durable (20/03-3/04) et ses 100 animations réparties entre Aubervilliers, Saint-Ouen Saint-Denis ou Stains. Le tout organisé par l'intercommunalité Plaine Commune (tout de même) « pour que manger soit favorable à la santé et l’environnement, accessible à tous les budgets et créateur d’activités ». On prend.
Bigfoot. Ami·es Lyonnais·es annulez-tout, ce week-end vous avez Salon Primevère (21-23/03), LE – 39e – rendez-vous écolo d’Auvergne Rhône-Alpes. Jugez plutôt : 40 confs, 200 animations, village enfants, resto 100% bio et « 444 acteurs et actrices engagés ». À l’entrée, récupérez le programme complet pour planifier votre parcours heure par heure. Ou mieux, dans cette jungle, laissez jouer votre instinct.
Capitale des Gaules toujours, ce samedi, profitez du soleil pour rejoindre la Grande rando « Habiter l’Utopie » proposée par l’asso Kaypacha : un parcours guidé de 15km – de l’éco-quartier de Confluence à Villeurbanne – pour (re)découvrir et questionner nos architectures, en rencontrant initiatives d’éco-construction, jardin partagé, café intergénérationnel, coopératives d’habitants, expo… Le pied.
4. Plus chaud que le climat
Ces événements mettent l’engagement en haut de l’affiche – et un logo Pioche! dans un coin (fierté). Attention, les places risquent de partir vite.

Combo. Retour à Biarritz pour Hugo Clément et Worakls et leur Ocean Fest #4. Le festival déroulera à nouveau sa formule magique les 25 et 26/04 avec une prog’ de têtes d’affiche bénévoles – Clara Luciani, Breakbot, Mosimann, Kavinsky, Carbonne, Perceval… – et 100% des recettes reversées à des assos (90000€ collectés depuis la première édition), cette année au bénéfice de One Voice et Sea Shepherd France.
RSVP. C’est à Montpellier qu’aura lieu, les 7 et 8/06, l’Univershifté 2025, le grand événement annuel des Shifters – cette asso qui relaie et prolonge le travail du Shift Project sur la décarbonation de l’économie. Outre les rencontres, animations, partages et productions de connaissances sur les enjeux climatiques, on y trouvera en speakers Jean-Marc Jancovici, Thomas Pesquet et l’agroclimatologue Serge Zaka.
Boum boum. Autre ambiance le même week-end à la Friche la Belle de Mai, à Marseille avec le festival techno Le Bon Air 2025. Certes la prog’ est folle – Anetha, Bicep, Richie Hawtin, Sassy J, Folamour, etc. – mais surtout l’engagement est au diapason : éco-production, produits locaux et carte veggie, coopérations et scènes locales, formations et ateliers pros et grand public… Exigeant devant et derrière les enceintes.
Bonus. On remercie déjà la bande de Climax pour le prochain numéro Rage Against Fascism (et son impayable mini-Tesla « Faf truck » en cadeau). Et pour cette belle reco musicale dont les paroles font « Tu verras dans quelques'années, on skiera sur le fumier. Et quand il y'aura plus rien, on skiera sur le purin. Et si y'a plus rien du tout, on skiera sur les cailloux, ou-ouuuuuu ». Touché.
5. One Minute Man
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Ce lundi 19h au Point Ephémère (Paris) a lieu Il était une fois demain, un spectacle d'impro interactif au service d'une société durable et inclusive.
Le Festival Off Avignon et Samuel Valensi ont publié un livre blanc sur leur projet de transport mutualisé de décors par fret ferroviaire, détaillant l'expérimentation menée en 2024 sur tous ses aspects.
Laurence du Studio 1011 nous informe du démarrage de « Panta Rhei », à l’Échiquier de Pouzauges (85), une expo de dessins de poissons estampillés au logo des firmes les plus polluantes en matière de déchets plastiques.
Dans le cadre du projet Festivals en Mouvement, deux nouvelles fiches pratiques ont été publiées : « Construire sa page “Comment venir au festival” » et « Améliorer la com et la sensi sur les mobilités durable».
L’ex-Ground Control Mathilde Girault, l’asso Dis Mara et le festival Destination Podcast lancent le recensement des « podcasts de territoire ». Si vous connaissez quelqu’un qui connaît quelqu’un… Écrire à Pioche! qui transmettra.
La Galerie Christophe Gaillard (Paris 3e) nous informe de la parution du livre Nature sensible. En marchant avec Pierre Tal Coat, signé du spécialiste des liens entre art et écologie, Guillaume Logé (Sombres Torrents, 2025).
La juriste militante et co-fondatrice de Wild Legal Marine Calmet co-publie avec l’illustratrice Delphine Balme le premier album jeunesse qui aborde les droits de la nature.
L’artiste MAYB nous écrit pour présenter son expo « Recyclart », qui travaille d’upcycling, visible du 24 au 30/03 à la Galerie du Port de La Ciotat (13).
Deux ans après le lancement du SEEDS (Simulateur d’Empreinte Environnementale du Spectacle), ARVIVA dévoile les résultats de sa première étude analytique qui éclaire sur les usages et les perspectives de cet outil.
6. Santé
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