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1. Mandarin LV1

Les touches de ciel glanées par Cristina Garrido de tableaux peints du XVIIe à aujourd’hui. Au [mac] de Marseille.

Skynet chinois. Si la tendance est connue, l’enquête du Monde « Comment la Chine dévore l’Europe » a l’avantage de préciser à quel point 1/ l’Europe est dépendante de la Chine (santé, alimentation, agriculture…) ; 2/ le train et les énergies renouvelables y sont développés (70 % du total mondial des voies ferrées) ; 3/ leur avancée technologique inspire inquiète (~200 000 humanoïdes vendus en 2026). À lire.

Simple sample. Autre article à rallonge très complet, celui du chercheur Aurélien Bigo chez Bon Pote pour (quasi) tout comprendre sur les batteries électriques = notre (in)dépendance énergétique + notre salut pour les mobilités. Spoiler, le futur de l’Europe à ce sujet tient en deux mots : sobriété des usages bien sûr, et recyclage des éléments de batteries aujourd’hui surtout construites… en Chine. Indispensable.

London Calling. De l’autre côté de la Manche, chaque 22 avril (= le Jour de la Terre pour ceux du fond) est l’occasion de lever des sous. 209 833£ (soit 242 115€) ont ainsi été réunis en une semaine par EarthPercent, une structure co-fondée par le musicien Brian Eno pour mettre la musique au service du financement d’ONG comme Julie’s Bicycle, Music Declares Emergency, The Ocean & Us et bien d’autres. Well done!

Puisqu’on en parle, toujours côté UK, l’annonce fraiche d’un tout nouveau festival de trois jours – « entre musique, arts, et idées pour la nature » – dont 100% des recettes iront à EarthPercent. Il s’appelle Solstice et on y écoutera notamment Alexis Taylor (Hot Chip), Andy Bell (Oasis) ou encore Auntie Flo. Well done! (bis)

2. « L’ambiance du moment, c’est que le seul moyen qu’il va rester pour être entendus, ce sera la violence » – Cabadzi

Hasard du calendrier, notre entretien avec le groupe Cabadzi avait lieu quelques jours après la mort d’un jeune néo-fasciste et néonazi, à Lyon, des suites de coups portés par un groupe de militants antifascistes. Et sa publication, quelques heures après une nouvelle tentative d’assassinat de Donald Trump. Le point commun se trouve être la trame principale du dernier projet de Cabadzi, 59 Secondes. Interview cagoulée.

« Notre héros est ce vengeur voyant comme un moindre mal le fait d’assassiner cette personne qui tue tant de gens » racontent Lulu et Victorien, les deux musiciens derrière le groupe Cabadzi depuis près de 20 ans, venus du cirque contemporain pour l’un, du beatbox pour l’autre.

Câblés sur les émissions politiques, ils se veulent des conteurs de l’époque. Un peu à l’image des satires de « la bande à Charline » sur France Inter – leur titre « Cent Fois » a servi de générique à l’émission pendant des années – ou de La Dernière sur Radio Nova. Mais en passant, eux, par la musique, l’image et « l’humour noir ».

Avec toujours cette attention aux « oubliés », fil rouge et toile de fond de leurs albums depuis leurs débuts. Ceux-là mêmes dont le sentiment d’impuissance se mue trop souvent en colère. Et toile de fond de cette « fiction cathartique » en seize épisodes de 59 secondes, où l’on suit la préparation d’attentats sur « Pascal » et « Jordan ».

« Une œuvre caricaturale » dont le « personnage est fou » insistent les deux hommes. Dont les chroniques sont malheureusement bien dans l’air du temps.

Comment racontez-vous ce qu’il se passe dans la série ?

Lulu : Nous avons été choqués en 2024 quand Luigi Mangione a assassiné le directeur d’United Healthcare, à New York, en pleine rue. C’est exactement notre personnage. Un gars plutôt intelligent, pas du tout hors circuit, plutôt de bonne famille, qui décide d’assassiner le patron du plus grand groupe d’assurance santé du pays, parce qu’il bousille la vie des Américain·es.

Victorien : C’est un peu la thèse du personnage que joue Vincent Cassel dans La Haine. Les flics nous en ont volé un, je vais rétablir la balance en butant un flic. Chez ce gars-là, il y a un peu cette idée d’une justice qu’il estime ne pas être respectée.

Lulu : Au début de la saison une, le personnage dit : « Moi, j’ai plus envie de tenir des pancartes dans la rue. J’ai envie d’efficacité ». Il veut éradiquer le mal à la racine. On en a fait une œuvre caricaturale, avec de l’humour noir. Ce personnage est fou. D’autant que c’est un ancien flic.

« La série, c’est une fiction oui, mais c’est comme si c’était écrit malheureusement. »

Victorien : Mais il représente tout de même l’ambiance du moment, en tout cas à gauche. On a un peu l’impression que manifester ne sert plus à rien – avec les flics, les gens ne vont même plus manifester parce qu’ils ont peur – et que le seul moyen qu’il va rester pour être entendus, ce sera la violence, la révolution. C’est un peu ce que ressent notre héros.

Lulu : Et évidemment qu’après ce qu’il s’est passé à Lyon, ce genre de propos peut paraître in-entendable et c’est normal. (…) Pourtant, nous voulions justement créer une sorte de fiction cathartique. Nous avons tous rêvé d'abattre notre ennemi. Or, en ce moment, celui-ci est plutôt fort, bruyant et international.

Nous nous sommes demandé comment créer quelque chose qui soit à la fois cool et qui dépasse l'engagement basique, genre « le racisme, c'est pas bien ». Parce qu'on a beau le dire depuis 50 ans, ça revient quand même. (…) Finalement, le monde que l’on imaginait dans la série s'est accentué.

Dès vos débuts en 2009, vous parliez d’avoir cette posture d’artiste « journaliste », qui raconte l’époque. D’où cela vous vient-il ?

Lulu : Je viens d’un milieu très très populaire, agricole devenu ouvrier non qualifié, et dans le bâtiment pour mon père. J’ai une envie de revanche sociale en moi depuis que je suis né. Quand t’es môme et que tu vois chez les autres gens une culture, une manière de vivre, des livres, des films, tu as l’impression que la bourgeoisie vit mieux, mange mieux, parle mieux.

C’est dur à assumer quand t’es môme et que toi, t’es plutôt bon à l’école. Ça crée un ressentiment, très à gauche, avec un côté social où il faut aider les gens, se cultiver, lire des livres, écouter des émissions, voir des films. Et d’ailleurs c’est là qu’on voit que le monde a changé parce que maintenant tu peux te « cultiver à droite », ça n’existait pas à l’époque. Ils ont compris qu’il y a une bataille culturelle à mener.

Victorien : Quand on s’est rencontrés avec Lulu, ce que j’aimais bien, c’était aussi ce côté-là, où l’art ne sert pas qu’à divertir, mais aussi à éveiller.

Cette revanche sociale se ressent dans les textes, on sent que ça sort des tripes.

Lulu : Oui, il y a quelque chose de viscéral. Et dans le même temps, à partir du moment où tu bosses dans la culture, tu deviens aussi un bourgeois. (…) Avec ce qui se passe en ce moment, on constate notre échec. Ce sont des niches qui parlent à d’autres niches. Au bout du compte, on ne réussit pas à parler à nos ennemis. On l’a bien vu dans des commentaires sur certaines de nos vidéos. (…)

Lire la suite de l’article sur piochemag.fr.
Retrouver clips, actualités et prochaines dates sur cabadzi.fr.

3. Folle cloche

Non sans ironie, Béatrice Balcou encapsule des insectes grignoteurs d’œuvres de musées, les conservant comme fragments du patrimoine culturel. Au [mac] de Marseille.

L’expo. Le [mac] de Marseille accueille la 8ᵉ triennale De leur temps, soit 136 œuvres de plus de 70 collections privées – peinture, vidéo, sculpture, performance, installation – autour d’un axe fort : l’écologie comme grille de lecture de notre relation au monde (cf. photo de Une par Sara Sadik). On s’y amuse avec les mots et les symboles pour forger un œil plus relationnel, plus attentif, plus poétique. Bref, un regard pour demain.

La revue. Après l’IA, les fascismes et les guerres, le sourcilleux magazine AOC devait se pencher doctement sur la culture et les attaques en règle que celle-ci subit aujourd’hui : de la mise au pas de la presse et l’édition à la baisse drastique des subventions, en passant par son refus de la critique, jusqu’aux atteintes aux œuvres et aux artistes. Vingts textes sur ces censures culturelles qui bouchent peu à peu l’horizon.

Le livre. On adore les films de Ken Loach. On aime aussi beaucoup lire pourquoi il choisit des acteur·ices ayant vraiment vécu là où se déroule l’action et les métiers – souvent difficiles – de ses personnages. Et pourquoi ce travail sert à raconter la vie vraie, à faire front contre les dominations, et à Défier le récit des puissants. C’est publié chez Rue de l’Échiquier, avec une (vivifiante) préface de l’acteur Swann Arlaud.

Le jeu vidéo. Après le multi-récompensé Clair Obscur : Expedition 33 du studio Sandfall, c’est à nouveau à Montpellier qu’est né le petit bijou Tides of Tomorrow, de Digixart. Dans des décors sublimes – ambiance Waterworld, la pollution en plus – on surmonte la crise environnementale grâce à une vraie coopération : notre succès dépend des joueurs qui nous ont précédé, et de notre confiance (ou non) en autrui.

4. Gum Gum

  • À Bordeaux, Sea Shepherd fête ses 20 ans avec un grand week-end de rencontres, de partage et d’engagement du 1er au 3 mai 2026 à Darwin.

  • Il est encore temps de signer la pétition contre le durcissement des mesures à l’encontre des free parties – jusqu’au 19.06 – qui pénaliserait les fêtes techno privées à +250 personnes, et les individus participant à l’organisation.

  • Après 1,2M de CDs et vinyles récoltés, la filière ReDisco lance une 6e collecte auprès des pros – et depuis 2025, les vinyles redeviennent… des vinyles.

  • Le concours de jeux vidéo sur le climat, lancé par la Fondation de l’Espace, présidée par Thomas Pesquet, est ouvert : testez-les, et votez pour votre jeu pref’ juste ici.

5. Rideau

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