This website uses cookies

Read our Privacy policy and Terms of use for more information.

Il fallait bien que ça arrive. À force de parler ici de coopération, de territoires et de culture comme levier pour faire bouger les choses, on avait envie de s’y frotter concrètement.

Ça veut dire quoi « faire confiance » aux acteurs de terrain ? Travailler à partir de l’existant et confier aux artistes, collectivités, citoyen·nes ou chercheur·ses une place au sein d’un même projet ? N’est-ce pas ainsi que l’on co-construit une programmation exigeante, joyeuse, porteuse de sens, inclusive ?

Après 3 ans et autant d’éditions, le 2030 Festival – que nous avons le plaisir de co-organiser à nouveau – devient un peu plus ce tiers de confiance par lequel la coopération a lieu. Avec toujours ce souhait de contribuer au Montpellier de demain, jusqu’à la dernière en 2030.

Bien sûr, tout n’est pas parfait. Mais il reste heureusement quelques années pour améliorer ce qui le doit. Et déjà quelques jolies réussites ! Voyez plutôt.

1. Valse à mille temps

Valstar. L’ouverture officielle, c‘est ce dimanche 30.11 à Tropisme avec le live électronique et violon de l’immense Yann Tiersen (lire ci-dessous). La soirée débute dès 17h avec le vernissage de l’expo « Musique et environnement » – réalisée par Pioche! pour la Sacem au printemps – puis la table ronde « Les artistes peuvent-ils (doivent-ils) s’engager pour la planète ? » avec Yann Tiersen, Raphaël Herrerias (Terrenoire) et Julie Dubois, danseuse éco-féministe.

Soca Dance. Deuxième partie du 2030 Festival : La Semaine de l’engagement. Imaginez une Fête de la musique, mais où chacun·e est invité·e à proposer un atelier, une projection-débat ou encore une ballade dans le quartier en lien avec la planète. Du 1er au 5 décembre, une vingtaine de rencontres sont proposées par autant d’associations dans toute la ville : Vélocité, Oasis Citadine, Station Transition...

Triple Axel. Last but not least, les trois jours de célébration sont confiés à trois collectifs locaux : le collectif queer Dragnini le vendredi avec Kiddy Smile en tête d’affiche ; la bien-nommée Rap Académie pour une soirée rap le samedi, avec le local Sameer Ahmad, et Okis et Gen en guests ; et les coopératives locales tout le week-end avec stands, ateliers et prises de parole autour de la coopération, co-portés par Enercoop et la (très cool) banque La Nef.

2. « Ce qui m’a bouleversé, c’est de rencontrer des scientifiques et de les voir pleurer » – Yann Tiersen

Cet été, Yann Tiersen a troqué festivals et salles surchauffées pour une expédition en voilier jusqu’au cercle polaire, pour y rencontrer scientifiques en larmes et militants triomphants. « Ça m’a bouleversé », confie-t-il à son retour, désireux d’exprimer ces émotions par la musique et l’image.

Ce dimanche 30 novembre, il ouvrira le 2030 Festival à Montpellier, après un échange avec Raphaël Herrerias (Terrenoire) et la danseuse Julie Dubois, pour un concert où la musique et l’urgence écologique ne feront qu’un.

Est-ce que tu es une personne différente à ton arrivée qu’avant le départ ?

Yann Tiersen : Oui. Et deux choses m’ont bouleversé. La première, c’est les glaces. Au 80° Nord, il y avait cette pureté, pas d’humains, c’est la première fois que je suis face à ça. D’y être allé à la voile, très lentement. C’était incroyable d’être là, avec le bruit des glaces qui crépitent. Je n’ai qu’une envie, c’est de revivre ça.

La seconde, c’est d’interviewer des scientifiques sur le réchauffement climatique. La quasi totalité ont pleuré ou eu un sanglot dans la voix. Je ne m’attendais pas à ça. C’était vraiment une prise de conscience énorme. Ils craquent tous.

Quelles sont les émotions qui les traversent à ce moment-là ?

C’est la fonte des glaciers, avec de 500 à 700 mètres de recul par an. C’est énorme, et ils l’observent au quotidien. Il y eut cet Irlandais qui nous parlait de ses oies et a dérivé sur le dérèglement climatique. Il voit le monde s’écrouler. Lui a vraiment pleuré.

Cette émotion-là, latente chez tout le monde, m’a changé et m’a ému. Je ne vois plus les choses pareilles. C’est assez bizarre, on a eu beau y être allés à la voile, parfois j’ai l’impression d’avoir rêvé. C’est tellement particulier et fort ce qu’on a vécu là-bas, avec ces contrastes si révoltants.

Sur la route du retour, vous avez rencontré des militants, des activistes. Comment as-tu vécu ces moments ?

Dans les îles Lofoten, en Norvège, il y a plein de pétrole. Pour contrer un projet, des activistes ont démontré que son exploitation allait tuer la pêche à la morue traditionnelle, qui est une bonne part de l’économie.

Ce discours environnemental ancré dans les intérêts locaux a fait basculé les maires, qui ont décidé de ne pas exploiter le gisement. C’est une énorme victoire. Ils ont fait prendre conscience des enjeux environnementaux en s’attachant à quelque chose d’hyper réel qui touche tout le monde. C’est une bonne leçon à retenir.

En fait, tu as de quoi faire la suite du film « Demain » de Cyril Dion façon Yann Tiersen.

Oui j’ai de la matière. Après nous, c’est toujours un peu foireux, il y a toujours un truc qui cloche. Mais c’est ça qui est bien. Se mettre en danger, des trucs pas confortables mais spontanés. Et drôles. C’est la vraie vie.

As-tu pu refaire des concerts comme tu les aimes, très près du public, en décalage avec les tournées habituelles dans les grandes salles ?

Oui, et il s’est passé des choses incroyables. J’ai joué à la base scientifique de Ny-Ålesund, pour une fête organisée au milieu de l’été. Et c’était vraiment n’importe quoi. Il n’y avait pas de sono. 10 minutes avant, ça ne marchait pas. Les retours, c’était une enceinte d’ordi qui ne marchait pas non plus. Il faisait hyper froid, avec un gros vent, et des cendres d’un grand feu qui tombaient sur mes machines.

Tout le monde était près du feu, et je jouais devant pas grand monde sinon une Norvégienne qui voulait passer des daubes après, genre la chenille en mode norvégien, et qui me demandait de jouer moins fort. (…)

Lire la suite de l’article sur piochemag.fr.
Réserver sa place pour le concert de Yann Tiersen en ouverture du 2030 Festival.

3. 2030 & Me

🤓 Informations et billetterie, pour tout savoir sur le 2030 Festival, rendez-vous sur 2030festival.org

💌 On vous a transmis cette infolettre et vous voulez recevoir les prochaines ou lire les précédentes ? C’est ici : bonne.piochemag.fr.

🍻 Retrouvez le 2030 Festival sur Instagram, LinkedIn et Facebook.

Continuer la lecture