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1. Info durable

Bingo. 20 actions pour « sortir de la sidération et passer à l’action ». Loin d’un article tuto « petits gestes », ce nouvel article du média Bon Pote propose – dans ce contexte de backlash écolo et de discours trumpiens débridés – de 4) partager l’information, 10) agir localement, 13) se former, 14) s’appuyer sur la culture et le rire ou encore… 16) changer de métier – et pourquoi pas. À lire pour dégager l’horizon.

Turbo. Aux premières loges des inondations, le quotidien La Voix du Nord accélère sur le climat : formations des équipes, mobilisation des journalistes locaux, verticale dédiée, lancement d’un podcast et d’une newsletter – désormais la plus ouverte. Bilan, un lectorat qui rajeunit, de nouvelles recrues qui apprécient ces engagements, et une réflexion à venir sur les suppléments « auto/moto » et « évasion ». Bravo.

Combo. Deux nouveaux médias font leur apparition : The Shift Project, l'Ademe et négaWatt ont lancé Comprendre2050.fr pour explorer les différents scénarios de transition existants – énergie, emploi, mobilités…. – à horizon 2050. Et la start-up du calcul carbone Greenly imagine Leaf, un média écrit et vidéo à destination des entreprises. Lancement ce soir à la Climate House, Paris.

Carbo. Une boite US a classé l’empreinte carbone de l’écoute sur Spotify des plus gros artistes au monde – en combinant le nombre de lectures à la durée du morceau et à l’énergie nécessaire. En haut de l’affiche : Tailor Swift, Drake et Bad Bunny génèrent le plus gros de l’impact, quand le métal est le genre qui s’en sort le mieux. Inutile mais on y aura quand même passé 5 minutes.

2. Les artistes face à l’anthropocène : à Marseille, l’exposition Âmes Vertes explore une « nouvelle culture écologique »

L’art contemporain s’empare de l’écologie à la Friche Belle de Mai de Marseille. Co-produite par la Fondation Groupe EDF, l’exposition Âmes Vertes laisse le champ libre à une trentaine d’artistes et d’architectes qui travaillent avec et pour l’environnement. Au menu jusqu’au 1er juin : installations monumentales, photographies, tapisseries et sculptures qui alertent, bousculent et font rêver. Nous y avons rencontré Paul Ardenne, spécialiste de l’art écologique et commissaire de cette exposition événement.

« Miroirs géants dans l’espace pour renvoyer les rayons solaires, recouvrement des glaciers par un matériau hautement réfléchissant, arbres synthétiques pour capter le CO2… » Sur une peau de vache suspendue par des cordes à un cadre en bois, les artistes Stéphanie Sagot et Suzanne Husky ont illustré à l’aquarelle des pratiques de géo-ingénierie envisagées pour lutter contre le dérèglement climatique. Le décalage entre le savoir-faire des tentures amérindiennes et l’absurdité des solutions techniques donne vie à une grande installation, ironiquement baptisée « L’aventure du Vivant : géo-ingénierie verte ».

L’aventure du Vivant : géo-ingénierie verte, de Stéphanie Sagot et Suzanne Husky ©Jean-Christophe Lett

Cette singulière planche pédagogique est exposée jusqu’au 1er juin à la Friche Belle de Mai de Marseille, dans le cadre de l’exposition Âmes Vertes : Quand l’art affronte l’anthropocène. En partenariat avec la Fondation Groupe EDF, la Friche met à l’honneur 22 artistes contemporain·nes et cinq architectes qui s’emparent des enjeux écologiques.

L’exposition se déploie sur deux plateaux – soit 1 400 m² – au cœur de l’ancienne manufacture des tabacs, mêlant installations, photographies, tapisseries, sculptures, maquettes architecturales… Autant de propositions artistiques qui bousculent notre rapport au vivant, nos modes de vie et nos idées du futur.

Qu’est-ce que c’est, l’art écologique ?

« Cette exposition intervient dans un contexte où l’écologie n’a pas la cote et provoque beaucoup d’énervement », amorce le commissaire de l’exposition Paul Ardenne, spécialiste de l’art écologique. Avec Âmes Vertes, l’historien de l’art a fait appel à des artistes de tous âges et disciplines qui adaptent leurs créations à « l’anthropocène » – soit notre ère géologique actuelle, ainsi nommée par certains scientifiques en raisons des répercussions des activités humaines sur les écosystèmes planétaires.

Chaque œuvre propose ainsi un regard sensible, empreint d’émerveillement, d’optimisme ou d’humour, d’ordinaire rares lorsqu’on aborde l’urgence écologique. De quoi former les contours de ce que Paul Ardenne présente comme une nouvelle « culture écologique ».

Fongi, de Taisia Korotkova. ©Jean-Christophe Lett

On retrouve par exemple la série Fongi de l’artiste-peintre Taisia Korotkova qui, après s’être interrogée sur « ce que pourraient être des portraits du XXIème siècle », a choisi de représenter des champignons dépolluants aptes à digérer le plastique. « Mes tableaux sont d’humbles hommages à ces espèces qui résistent malgré tous nos efforts pour détruire la planète », développe l’artiste russe.

Dans un autre registre, la photographe Alexa Brunet propose une série satirique imaginant le futur de l’agriculture. D’un humour distancié et furieusement efficace, elle met en scène un paysan clôturé devant une zone commerciale, des machines à polliniser au coton-tige, ou encore une foule de touristes impressionnée à la vue d’une fleur.

« Ces œuvres font plus que simplement montrer, elles suggèrent des possibilités d’action concrètes »

L’exposition brille par sa capacité à accueillir une pluralité de visions de l’écologie, cohabitant sans se contredire. De la tentation de l’ensauvagement incarnée par l’artiste Erik Samakh, qui se filme pendant trente minutes, en pleine forêt avec un masque de sanglier, jusqu’aux maquettes futuristes de la tour Hypergreen, projet de gratte-ciel écologique de l’architecte Jacques Ferrier.

« L’art écologique est un arc extrêmement large », analyse Paul Ardenne, également auteur de l’ouvrage Un art écologique. Création plasticienne et anthropocène (2019, Éditions Le Bord de l’Eau). Sur ce large éventail, on retrouve les artistes qui n’utilisent que des matériaux naturels ou recyclés, celles et ceux qui s’intéressent aux utopies éco-sociales, ou encore tous les artistes du soin « qui nous aident à prendre conscience de la fragilité de la condition humaine », selon Paul Ardenne. (…)

3. The Revolution Will Not Be Televised

Le podcast. Bravo We Love Green : outre une prog 2025 dingue à nouveau, le festival remporte le « Green Operations Award » de l’événement européen – très pro – Eurosonic à Gröningen, Pays-Bas, saluant notamment son étude d'impact du festival sur la biodiversité du Bois de Vincennes (lire les 43 pages ici). On en profite pour passer ici les podcasts des talks de 2024, avec déjà deux épidodes sur 10 en ligne.

Le mag. On aime Agir à Lyon, ce mag qui parle des initiatives prometteuses de la capitale des Gaules. On l’aime davantage encore quand il s’intéresse, comme ce mois-ci, aux festivals qui se réinventent, aux théâtres et DJs attentifs à leur impact, aux décors de seconde main et à toutes celles et ceux qui opèrent la bascule de la culture et du spectacle vivant.

La revue. La revue nantaise Les Autres Possibles porte elle une grande enquête pour comprendre les ressentis et les connaissances de la crise climatique des 15-25 ans de Loire-Atlantique. Parmi les résultats de ce hors-série « Climat : les jeunes face à leur futur » – à découvrir sur papier recyclé, et ici en ligne – 58% ne connaissent pas les scientifiques du GIEC, mais 68% souhaitent un métier peu impactant pour la planète.

La docu. Ça caille ? Tant mieux. Sur le petit écran ces jours-ci, on regarde comment Les Alpes influencent fortement la météo de l’Europe et les enjeux pour y amortir les effets du dérèglement climatique (ARTE) ; comment l'humanité a déclenché l’Anthropocène par son impact sur la nature (ARTE) ; on y revoit le film Petit Paysan (2017), diffusé hier, sur ARTE toujours.

Le docu #bis. Enfin sur Public Sénat samedi à 21h, comme un écho à l’excellente BD Champs de bataille d’Inès Léraud (Delcourt, 2024), Le village qui voulait replanter des arbres s’intéresse aux conséquences écologiques du remembrement – ce grand arrachage de haies des années 70 visant à améliorer la productivité agricole – et de la difficulté de faire revivre nos champs. Dispo dès maintenant sur le site de France TV.

4. Miscellaneous

Vous avez un projet ou une annonce à faire paraître sur Pioche! ? Écrivez-nous à [email protected].

  • Pros de la Culture, participez à l'enquête d'Arviva « Le spectacle vivant face au changement climatique » pour aider à mieux comprendre votre perception et prise en compte du risque climatique dans votre activité.

  • En Occitanie, l’asso L’Île des Possibles lance Le Service Utopiste, une grande expédition qui sillonnera la Région à pied pour récolter les aspirations des citoyen·nes. Et recrute ses treize binômes pour partir à l’aventure.

  • Matthieu, de la revue hélas! nous signale la publication – et le téléchargement gratuit – de leur second hors série Vert Combat, « écho poétique du changement global, une ode à la Terre et l’espoir d’un monde nouveau ».

  • Vaya Campus, cette école du voyage engagé qui forme des jeunes à partir en train ET à documenter leurs aventures, recrute ses prochains alumni - par ici les infos.

  • Libraires, il est encore temps de s’inscrire pour participer à la Trêve des Nouveautés, cette recherche-action lancée par l’Association pour l’Écologie du livre afin d’appeler le secteur de l’édition à ralentir, qui démarre en mars.

  • Candidatures ouvertes, jusqu’au 15/03, pour rejoindre la formation gratuite La Fourche à la Fourchette des Cols Verts, Sinny&Ooko et Les Serres de Beaudreville, et découvrir sur trois mois les métiers de la transition alimentaire.

  • Le Réseau Français des Fablabs publie un guide des pratiques écologiques dans les Labs pour que ces expériences « servent l’apprentissage par le faire » des makers, des écoliers et du grand public.

  • De son côté, le Low-tech Lab diffuse les conclusions de deux expériences visant à renforcer la résilience / l’autonomie des territoires, portées par 20 structures du pays de Concarneau. Un film raconte aussi ça très bien.

  • Pros du cinéma et de la fiction, cette formation de S comme Scénario pour « penser l’éco-production dès le scénario » et « les pouvoirs et influences des récits », dispensée à Bagnolet en avril est pour vous.

  • Le Collectif des festivals propose une session (payante) « développer les mobilités actives et partagées de mon public et de mes équipes » ces 24-25/02 en ligne.

  • Et le COFEES un webinaire (gratuit) « Restauration responsable » – réglementations, menus, prestataires, audit, coopération locale, repas équipe... – ce 27/02

  • Enfin, le CNM et Ipama proposent un cycle de formation (payant) du 6 au 18/03 pour « Concevoir et piloter la démarche de transition écologique et solidaire de son événement ».

5. Hasta La Vista

🤓 Merci d’avoir parcouru jusqu’ici cette nouvelle édition de Pioche!. Qu’en pensez-vous ? Écrivez-nous (sans filtre) à [email protected].

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