1. Perlimpinpin

« Crier Vomir Pleurer » avec le duo Bonne Nuit - lire plus bas
Poker Face. Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics (Bercy), le 14.01, devant l’Assemblée : « Il n’y a pas de document à Bercy qui montrerait que des dizaines de milliers de Français fortunés ne paieraient aucun impôt sur le revenu ». Amélie de Montchalin, le 11.02, nommée présidente de la Cour des Comptes par E. Macron. Le Monde, le 18.02 : « Plus de 13 000 millionnaires ne paient aucun impôt sur le revenu, selon une note inédite de Bercy ». Les électeur·ices vont adorer.
Gladiator. Vous connaissez la carte dui « qui possède quoi » dans les médias ? Voici celles du « qui possède quoi ? » de la musique live. Bilan : 150+ grands festivals européens et pas mal de grandes salles de concert – surtout des arenas et stades – sont détenus par 4 entreprises (AEG, Live Nation, Superstruct, CTS Eventim). Quelqu’un a dit industrie musicale ?
Complainte du progrès. De leur côté, fédés et réseaux de musique regrettent « les injonctions à la rentabilité », où le « travail de proximité (…) et les démarches “hors format” sont trop vite balayés par les grands indicateurs chiffrés » qui imposent aux structures de « fonctionner comme des entreprises classiques, alors qu’elles relèvent d’une économie solidaire et coopérative ». Et d’en appeler à « une politique culturelle de l’artisanat musical, de la diversité et du commun ». Un poème.
Pendant ce temps, le projet Planet Parade – cette grande fête à Paris en juillet 2027, où des artistes majeur·es prendront publiquement position pour l’écologie – prend de l’élan toute l’année avec une série de dates en France. Première étape pour se rencontrer, réunir les forces, et rencontrer la Nouvelle scène d’artistes engagé·es ce samedi 28 février à partir de 16h, à Ground Control (cf. plus bas).
2. « À quoi ça va ressembler notre territoire dans 50 ans, avec tous ces préfabriqués ? » : Bonne Nuit ou la dernière fête avant la fin du monde
« Sur le corps frais du dernier humain s’épanouiront du lys et du jasmin. » Bienvenue dans l'univers de Bonne Nuit, duo vendéen aux mots et aux sons bruts, reflets d'une jeunesse qui se débat entre luttes et poésie, espoirs et cynisme, et qui emporte l'adhésion partout où il passe.
On a forcément discuté Vendée et écologie, avant la sortie de l'excellent EP « Crier Vomir Pleurer » ce 20 février, et avant une Maroquinerie complète mi-mars. Le tout sans label, sans compromis.
« Ah ouais t’étais à Jean Monnet aussi ! » Pas tous les jours qu’on fait l’interview d’un groupe que l’on estime et avec qui l’on a partagé – avec 15 ans d’écart certes – la même prof’ d’histoire. Forcément, ça rapproche.
Ce qui rapproche aussi, c’est ce rapport intime à un territoire si particulier, et en même temps si symbolique de l’époque, qu’est la Vendée : ce bocage paysan devenu terre promise de l’industrie, forte de ses autoroutes, ses lotissements en parpaings, et sa main d’œuvre dévouée avec l’un des taux de chômage les plus faibles de France.
Ce pays qui a vu naître Bruno Retailleau – pour qui votre serviteur chanta la Marseillaise à l’école, true story – vote en majorité Macron et Renaissance. Signe qu’ici, on continue encore de croire au combo maison individuelle, pointeuse, voiture et supermarché. Un monde d’avant pas encore acculé, a priori sans révolte, même si les paysages changent, que les fins de mois se resserrent, que le vote RN grimpe.

Théodore Babarit (premier plan) et Etienne Coutand, circonspects @krema.jpg Emma Kraemer
C’est de ça dont j’avais envie de parler avec Bonne Nuit. Parce que Théodore Babarit et Etienne Coutant, environ 25 ans chacun, démarrent toutes leurs interviews en disant « on vient de Vendée ». Et qu’ils se présentent comme « sensible aux injustices, à l'effondrement du vivant », dénonçant « ce que le système économique capitaliste génère de pire ».
C’est que ça devait avoir un lien pour eux. Peut-être le même lien que pour moi, qui ai grandi dans ces champs, bossé dans ces usines, à me battre pour en partir mais toujours viscéralement relié. Avec ce spleen des ami·es qu’on y a laissé pour vivre une autre vie, de ces statistiques et sondages que l’on voit bien réels quand on revient pour les fêtes.
« J’ai perdu mes amis que j’avais depuis tout petit, mes meilleurs amis ne font plus partie de ma vie » raconte Bonne Nuit dans « Mes Amis » (2024). Il fallait qu’on en parle. « Fondre la banquise, déplacer le Gulf Stream ; faire péter l’atome, décimer la faune ; pesticides dans l’eau, conduire trois autos ; éclairer la nuit, acidifier la pluie (...) ; on a bien rigolé », chante Bonne Nuit sur leur nouvel EP Crier Vomir Pleurer, qui sort ce 20 février. Il fallait qu’on en parle.
Vous dites souvent que votre nom Bonne Nuit, c’est une manière de proposer une dernière fête avant la fin du monde. Pourquoi ça compte pour vous d’amener ce sens-là, et de faire cette dernière fête ?
Théodore Babarit : Il faut le prendre complètement en second degré. Notre objectif n'est pas de dire : « De toute façon, tout est terminé, il n'y a plus aucun espoir, faisons n'importe quoi, brûlons du pétrole et laissons-nous crever ». Ça, c'est ce qu'on fait déjà en fait. Bonne nuit, c'est ce que le monde est en train de faire.
Nous, ce que l’on veut véhiculer comme message, c'est de sortir du déni, à la fois nous-mêmes et l'ensemble de l'humanité. On ne sait pas dans quel état on va sortir de ce déni, mais on doit le faire le plus tôt possible. L'objectif de nos concerts, c'est de s'amuser aussi, beaucoup, mais il y a ce « petit » objectif en haut, c’est sûr.
« On fait de la musique populaire parce que c'est ce qu'on est, en fait. C'est juste qu'on est des prolos ou des agriculteurs. »
On sent que ça sort des tripes. Pourquoi ça vous traverse comme ça, pourquoi vous ne pouviez pas faire un projet différent de celui-ci ?
Théodore Babarit : Je pense qu’il y a un côté combat générationnel, vraiment. Et puis, c'est le fait d'avoir grandi tous les deux à la campagne, même si on peut tout à fait venir de là où on a grandi et y être complètement insensible.
Pourquoi certains sont moins sensibles à cette question ? Je ne sais pas trop. Le fait est que pour nous, c'est lié à nos origines. Et puis, on a tous forcément des sensibilités complètement différentes, toi, moi, Étienne, vis-à-vis de ce qui est en train de se passer.
Etienne Coutant : C'est vrai que mon père est agriculteur et moi, j'ai toujours senti ce truc d'entretenir la terre, de la dénaturer le moins possible. Et autour de chez moi, depuis que je suis né, il y a quand même pas mal d’usines de transport qui s'étendent. Des nouveaux bâtiments hyper moches, qui détruisent à chaque fois plusieurs hectares de parcelles.
C’est flippant. Ça fait mal. Et c'est vraiment un truc dont mon père me parle tout le temps, où lui, il se sent un peu gardien de ça. C'est un sujet dont on parle souvent avec Théo.
Théodore Babarit : On rentre de moins en moins en Vendée, mais ça permet de voir évoluer sur le temps long les paysages, les populations d'insectes, les constructions, les lotissements. Et même sur un temps très court, ça évolue à un rythme qui n'est pas normal. (…)
Elle ressemble à quoi, justement, la Vendée d'où vous venez ?
Théodore Babarit : Moi, j'ai grandi dans un lotissement où tout le monde avait besoin de son pavillon, avec son terrain, son jardin, alors qu’on pourrait aussi avoir du logement collectif, à plusieurs étages, même en ruralité.
Je reproche vraiment à ceux qui gouvernent la Vendée, au niveau local, le manque de vision de long terme. Et j'ai très peur pour ce territoire dans 50 ans. À quoi ça va ressembler, avec tous ces bâtiments préfabriqués ? Il restera des dalles de béton, c’est tout ce qu'il y aura. (…)
Vos textes touchent un large public, et vous faites danser les gens partout en France, ce qui veut dire quelque chose sur l’universalité de votre propos, en tout cas sur une classe populaire aujourd'hui. Comment travaillez-vous ce côté populaire dans votre projet artistique ?
Etienne Coutant : On essaie toujours de faire des chansons populaires, avec des mélodies entêtantes, très mélodiques. Une construction assez simple, avec des refrains qui se répètent, à la voix ou avec des synthés. Oui, on essaie de garder une certaine accessibilité dans tous nos morceaux.
Théodore Babarit : Il y a un côté qui n'est pas voulu, c'est qu'on n'a pas de formation musicale. Etienne a pris des cours d’accordéon mais… On fait de la musique populaire parce que c'est ce qu'on est, en fait. C'est juste qu'on est des prolos ou des agriculteurs. (…)
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Écouter le nouvel EP « Crier Vomir Pleurer » à sortir ce 20 février.
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3. Gare de Lyon
Conf call. Demain à Lyon débute l’annuel Salon Primevère, 40e édition de ce grand rendez-vous de l’écologie, avec ses 400 exposant·es, 200+ animations et 40+ conférences. Parmi lesquelles on note « Résister en 2026 » avec Salomé Saqué, ce vendredi à 18h30, Fleur Breteau contre les pesticides avec son livre Cancer Colère samedi à 14h, ou encore Lumir Lapray pour « lutter contre l'extrême droite dans nos campagnes » samedi à 18h.
Body Music. Depuis hier au Carreau du Temple (Paris 3e), et pour 5 jours encore, Everybody, sous-titré « le festival sur le corps contemporain », interroge par des performances, battles, cours de danse, expos, projos et grande fiesta, les représentations des corps d’aujourd’hui : stéréotypes de genre, couleur de peau, handicap… Attention les réacs, événement plutôt woke.
Sortie de secours. Les équipes de Ground Control accueillent elles, mardi de 14h à 18h, une « dispute » entre chercheurs, urbanistes et acteurs de terrain – pour interroger « les limites du modèle métropolitain, confronter les imaginaires dominants et explorer collectivement des alternatives post-métropolitaines ». Une journée traversée par des ateliers et une mise en commun, pour « clarifier croyances et positions » et ouvrir des perspectives, au-delà des oppositions villes / campagnes.
4. Mothership Connection

Embarquement. Nouvelle étape dans le projet Planet Parade, ce premier Before Planet Parade, , ce samedi 28 février à Ground Control, étape #01 d’une série de dates en France entre 2026 et début 2027, avant la grande parade à Paris en juillet 2027, où des artistes majeur·es prendront publiquement position pour l’écologie.
Pour rappel, Planet Parade vise une grande mobilisation artistique, festive et populaire pour se rassembler, nous citoyen·nes engagé·es pour protéger notre environnement et celui de nos enfants. Un rassemblement massif contre le soi-disant backlash.
Alors on commence par se rassembler et se donner de la force, avec plusieurs rendez-vous ces prochains mois. Au programme de ce premier Before Planet Parade :
16h : Accueil
17h : Rencontre de la commu active et animations
18h30 : Apéro et présentation du projet
19h – 0h30 : DJ sets et Nouvelle scène d’artistes engagé·es : Un Dos Drey, TheBoyYouNeed, Eva Peel, Remremx (Planète Boum Boum), Geiger303, Bevel… Toutes les infos ici.
Ouvert à tous·tes - Inscriptions recommandées.
Activités pour enfants prévues.
En partenariat avec la Sacem, partenaire privilégié de Planet Parade et soutien à la nouvelle scène d’artistes engagé·es. Sur place, l’exposition Sacem « Musique et environnement : 150 ans de chansons sur la nature ».
5. A Flock Of Seagulls
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