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1. CHAMBRE D’ÉCHOS

Luttes convergentes dans le cortège contre les pesticides, le 3 octobre dernier (cf. plus bas) © Les Soulèvements de la Terre.

Reporterre - 13.10. « Le monde entier regarde ce que vous faites » : Greta Thunberg rejoint les lycéens de Seine-Saint-Denis. « On est derrière vous », a affirmé la militante pour la justice climatique, rejoignant hier les 480 000 manifestant·es dans la rue (161 000 selon l’Intérieur).

Le Monde - 13.10. Oxfam attaque l’Etat en justice pour « rupture d’égalité face à l’impôt » : « Les plus riches s’achètent le privilège de ne pas être soumis aux mêmes règles. « L’idée est d’en revenir (…) au principe d’une contribution équitable à l’impôt posé par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 », explique Cécile Duflot, la directrice générale d’Oxfam France.

LCP - 13.10. La pétition pour « interdire les armes mutilantes dans les manifestations lycéennes » dépasse les 100 000 signatures sur la plateforme de l'Assemblée. Celle-ci devrait donc être attribuée à l'une des commissions permanentes du Palais-Bourbon, qui décidera de son éventuel examen et débat, ou de son classement sans suite.

Disclose - 12.10. ArcelorMittal : derrière l’acier « made in France », les terres volées du Liberia. Révélations sur les pratiques climaticides et néocoloniales du géant mondial de la sidérurgie.

Le Monde - 11.10. « La question environnementale a mis en lumière et banalisé, ces dernières années, l’usage politique du maintien de l’ordre. » La gravité des troubles à l’ordre public est jugée à l’aune du positionnement politique de ceux qui les commettent, dénonce, dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au service Planète.

Le Club de Mediapart - 9.10. Contre la censure, lutter depuis la littérature : soutien à nos collègues silencié·es. Un large ensemble d'auteur·ices, dont Annie Ernaux, Mona Chollet, Virginie Despentes, Fatima Daas, Neige Sinno, Fatima Ouassak ou Alain Damasio, alertent sur les restrictions toujours plus fortes qui enserrent le champ de l'écrit, de la pensée et de la littérature. « N'attendons pas que le fascisme ait définitivement englouti le monde pour agir ».

Zone Franche - 30.09. La dégradation de l'accueil des artistes et professionnels étrangers en France. Loin d’être un simple ressenti de secteur, ce rapport donne à voir une dégradation mesurable, continue, et très inégalement répartie selon les pays d’origine.

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Tristesse enfin que la nouvelle du décès d’Henri Maler, fondateur et animateur du site « Action Critique Médias » Acrimed, qui fut par ailleurs un sympathique et généreux directeur de recherche à Paris 8 (promo 2012 ici). Nous tenions à lui rendre hommage en partageant cet article de Contretemps qui le fait mieux que quiconque : « de la révolte intacte à l’utopie nécessaire : hommage à Henri Maler ».

2. « Rendre le militantisme accessible à tous » : comment Les Soulèvements de la Terre ont popularisé l’activisme radical

Discussions, concerts, manif et baignade improvisée : à travers leurs journées de mobilisation, Les Soulèvements de la Terre multiplient les moyens d’action et fédèrent des acteurs de tous horizons autour d’une « culture militante commune », pour gagner en efficacité sans rien perdre de leur radicalité.

Octobre rose-vert-rouge. Le 3 octobre dernier, 15 000 manifestant·es se sont réuni·es à Saint-Pierre-la-Garenne, dans l’Eure. Face à l’usine Syngenta — premier vendeur mondial de pesticides, devant Bayer-Monsanto – paysan·nes, personnes malades et riverain·es ont planté un éphémère cimetière des personnes touchées par les cancers. Avant de repartir, escortés par les canons à eau de la police, au son techno des teufeurs.

Organisée aux côtés de la Confédération paysanne, de Cancer Colère, cette manif’ des Soulèvements de la Terre se voulait à l’image des dernières mobilisations du mouvement national : où l’activisme écologique est indissociable du soin, de la fête et des moments de vie collective.

Notre journaliste Manon Falloux a rencontré « Mathilde » (un pseudoyme), membre des Soulèvements, pour comprendre cette stratégie et tout ce qu’implique concrètement sa mise en place.

Ambiance de festival lors de la manif’ du 3 octobre contre les pesticides et Syngenta © Les Soulèvements de la Terre.

Pourquoi avoir choisi d’ajouter à cette mobilisation un aspect festif, avec des ateliers ou encore des concerts ?

Mathilde : Il y a d’abord un intérêt pragmatique : des personnes qui viennent de loin, parfois du bout de la France ou de pays frontaliers ne viendraient sans doute pas si on proposait seulement une  manif, si il n’y avait pas un lieu d’accueil et de vie agréable pour l’avant et pour l’après.

Depuis plusieurs années, c’est un élément central. Ça permet de créer du lien et de se renforcer. Mais c’est aussi qu’avec la répression qui s’abat tout le temps sur nous et sur plein d’autres mouvements, on a besoin de moments de joie collective.

Lutter ensemble, se retrouver avec des personnes qui partagent des fortes valeurs communes, un peu comme si on retrouvait une famille. Ressentir la force et la puissance que l’on peut avoir collectivement. On ne gagne pas souvent, mais lorsque l’on gagne, c’est fort pour nous. Ça crée de la joie, ça crée de l’empuissancement.

Il y a aussi beaucoup de déceptions, de colère, de rage, d’angoisse liées à cette problématique et à l’avenir. Alors, tout ce qui est lié à la fête et à la joie, ça vient s’opposer à tout ça. Parce qu’il est important de ne pas se laisser envahir par le sentiment de désespoir.

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« Depuis près de deux ans, il y a un rapprochement grandissant entre le milieu militant et l’univers de la teuf techno »

On voit de plus en plus de liens entre les mouvements écologistes et la culture des free parties. Comment l’expliques-tu ?

Depuis près de deux ans, il y a un rapprochement grandissant entre le milieu militant et l’univers de la teuf techno, des raves parties. Pour la plupart des gens, c’est juste des jeunes drogués qui viennent mettre du son et danser sur des musiques lunaires, parfois en abîmant les lieux où ils viennent. Ça, c’est l’image que le grand public a. Mais l’univers de la teuf a aussi une culture très politique, avec plein d’enjeux politiques communs avec nos luttes.

Parfois, le monde militant est sollicité pour faire des interventions ou tenir des tables pendant les teufs. Au-delà, on se retrouve aussi dans nos préoccupations face à la répression. Là, des lois anti-teufs (la loi Ripost, ndlr.) viennent d’être votées.

La chanteuse Yoa donne un concert de soutien lors de la manifestation du 3 octobre contre les pesticides © Les Soulèvements de la Terre.

Juste avant, lors de la mobilisation « Méga Canal », des arrêtés préfectoraux dans le Nord et le Pas-de-Calais ont autorisé la saisie de tout matériel de son. Rien ne laissait présager qu’il y aurait une grosse teuf dans le coin à ce moment-là, sauf notre programme, qui n’était absolument pas une rave party, maisdes concerts annoncés depuis longtemps, avec une fin de son à minuit au plus tard.

Même si les Soulèvements de la Terre sont nés de préoccupations écologiques autour de l’accaparement de terre et de l’eau, on s’est ensuite emparé de plein d’autres problématiques qui sont liées à toutes les oppressions systémiques. Il ne s’agit pas de se les approprier, mais de les porter. Il y a un enjeu de formation d’une culture commune.

Au-delà du rapport à la répression, partagez-vous d’autres valeurs communes ? 

Oui, notamment au niveau de l’auto-organisation et de vouloir rendre la fête accessible à tous. Nous, on essaye de rendre le militantisme accessible à tous. De faire des événements gratuits ou à prix libre en essayant d’être le plus inclusif possible. Toutes les valeurs antiracistes, antisexistes, etc. sont aussi identiques dans le milieu de la teuf.

On se lie aussi de plus en plus aux milieux queer, qui sont aussi très festifs. On revendique des sociétés moins oppressives, plus inclusives, plus solidaires, plus égalitaires. Je pense qu’on est très raccord sur ces principes-là, et eux le sont avec nos revendications écologiques. (…)

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3. CÔTÉ JARDIN

4. MaMA Città

À tout’ #1. « Tu seras au MaMA ? » Chaque automne, la coutume reste de mise : le petit monde des musiques actuelles – près de 8 000+ pros tout de même – se retrouve le long du boulevard Barbès pour assister aux showcases d’artistes en poupe, négocier les deals pour l’année, et assister, entre deux meet-up, à quelques débats sur les transformations de la filière. C’est là qu’on sera.

Ce mercredi à 15h30, à l’Élysée Montmartre, nous animerons la rencontre intitulée « De la scène à la mobilisation collective : les nouvelles formes d'engagement artistique à l'heure des tensions contemporaines », organisée avec la Sacem.

Autour de la table, chose rare, seulement des artistes : Thérèse, également co-fondatrice du collectif Cultures Futures, Mat Bastard, leader punk de Skip The Use, et le duo rap engagé Felhur X Andro. C’est là que vous serez.

À tout’ #2. En parallèle, les copains du Fairly Score réunissent les pros des festivals, salles et tournées engagés autour de leur outil pour calculer, et afficher, les (bons) résultats de leurs événements – sorte de « Yuka de l’événementiel ». Malin.

La conférence se déroule cet après-midi à 15h15 à l’Elysée Montmartre (oui, il faudra choisir). Et pour ne pas arranger nos affaires, nos amis lancent une offre –50% « spécial MaMA » pour les festivals, salles ou tourneurs qui s’engagent sur l’année 2027. Malin (bis).

Également dans l’agenda…

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Sans oublier le grand rassemblement prévu ce samedi. Un retour de Gilets Jaunes ? Pas si simple : l’appel du 17 octobre révèle aussi les transformations des formes de politisation dans la société française, pointe le politiste Charif Elalaoui : « 17 octobre : enjeux et acteurs d’un appel à mobilisation » (Contretemps, 10.10).

5. C’EST CADEAU

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