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1. Merci pour tout

Alexandre Sergejewitsch Borisoff – Les Glaciers – mer de Kara, 1906, huile sur toile ©Musée d'Orsay / Hervé Lewandowski
Look Up. Le Reuters Institute for the Study of Journalism a étudié l’accès à l’info sur le climat dans 8 pays – USA, France, Pakistan, Inde, UK, Japon, Allemagne, Brésil. Bilan : celui-ci est plus élevé en France (60% informés chaque semaine) et plus faible aux États-Unis (34%) ; la vidéo est le format plébiscité ; les catastrophes climatiques sont mieux traitées que leurs causes. Au final, deux tiers sont inquiets pour la planète.
La Vie d’Ademe. Saluons le lancement en ce début d’année de l’Observatoire des impacts environnementaux du numérique, initié par l’Arcep et l’Ademe. Et cette première étude : en prenant en compte l’utilisation des datacenters situés à l'étranger, les impacts du numérique des Français·es représentent 4,4% de l’empreinte carbone et 11% de la conso électrique nationales. Et ça, c’est avant l’essor de l’IA.
Monet talks. Le musée d’Orsay de Paris a sélectionné « 100 œuvres qui racontent le climat » – en autant de tableaux, dessins, photos et statues – qui, dès le 19e siècle, expriment l’inquiétude des artistes face aux bouleversements environnementaux liés à l’industrialisation. De mars à juillet, une moitié sera exposée à Paris, et l’autre prêtée à 31 musées en France, avant un livre joignant aux œuvres les mots d’experts du climat.
Et on dit merci aux collègues du média Chiche! pour avoir lister dans cet article « 10 humoristes qui nous conscientisent autant qu’ils nous font rire ». Si on reconnaît quelques unes de nos blagueur·ses fétiches – lolilol Aymeric, Swann ou Marina – on y découvre aussi quelques perles fort poilantes. 10 minutes bien perdues.
2. Rétrospective à écouter : ces musicien·nes qui ont mis l’écologie sur disque en 2024
Si l’année 2024 ne devrait pas être définie comme celle du tournant écologique de la musique, nombre d’artistes voient les questions environnementales prendre une telle place dans leur existence qu’elles retentissent dans leurs disques – citons ici nos rencontres avec Gojira, Flavia Coelho, Fakear, Koclico, Patrick Scheyder, MC Danse pour le Climat, French 79, MAB…
Bien d’autres résonances écologiques ont été mises en avant par 4’33, ce webzine dédié à l’art de mettre en musique l’écologie, dont nous avons adoré l’exhaustive et érudite rétrospective 2024. Son rédacteur en chef François Maugier nous en propose ici une version condensée. Belle introduction à la série de co-publications à venir entre nos deux médias. Bonne écoute.
(…) Dans leur grande majorité, les artistes s’inquiètent eux aussi du changement climatique. Or, la plupart ne trouvent pas toujours les mots pour en parler. Ou craignent plus ou moins consciemment de se fermer les portes du succès, dans un univers professionnel arbitré par des algorithmes.
Certains, pourtant, osent. Ce sont, pour nous, les véritables héros (et héroïnes) de l’année 2024. Ils ne sont ni plus sages ni plus fous que leurs collègues, seulement plus impliqués. Les questions environnementales ont pris une telle place dans leur existence qu’elles retentissent dans leur musique. Ne citons ici – pour n’effrayer personne – qu’une quinzaine de noms, tirés de la centaine d’articles parus sur 4’33 l’année passée.
Commençons par la chanson, 2024 ayant été une année assez remarquable de ce côté. Françoiz Breut a invoqué sur Vif ! les vers de terre, une femme transformée en arbre ou les graines dans les airs. Sur son premier album en solitaire, Forêts futures, Ben Lupus s’est entouré de sapins, de roseaux, de vallées et de vents. Mnemotechnic et Poing ont combattu les algues vertes qui empuantissent les plages bretonnes. Les Toulousains de Djé Balèti ont fait vibrer leur calebasse électrique pour aborder notre rapport à l’alimentation. La jazz woman Marion Rampal a publié un cinquième album tout entier habité par les oiseaux…
Une bouteille à la mer
Outre-Atlantique, le Brésilien Amaro Freitas est allé chercher l’inspiration en Amazonie. Le rocker Phil Elverum, la tête pensante de Mount Eerie, a jeté une bouteille à la mer pleine de bruit et de fureur, depuis l’île d’Orcas, au large de l’État de Washington. Compositeur natif de l’Alaska, Matthew Burtner a réuni sur son nouvel album, Profiled from atmospheres, des thèmes inspirés par le vent, les papillons de nuit ou le changement climatique.
« Avant, je pensais que j’étais née dans la mauvaise génération », a chanté la Néo-orléanaise Alynda Segarra sur le nouvel album d’Hurray for the Riff Raff, « Mais maintenant je sais que je suis arrivée à temps / Pour regarder le monde brûler ». Outre-Manche, l’Écossais Erland Cooper a déterré la bande magnétique de l’un de ses concertos, qu’il avait enfouie dans le sol d’une île des Orcades : miracle, elle est encore audible.
Sur cette rive, le pianiste Lorenzo Naccarato a suivi les oiseaux migrateurs, de la mer Baltique aux plages du Sénégal. En Australie, enfin, Dobby, un jeune rappeur à demi aborigène, a consacré un album aux rivières asséchées par l’irrigation illégale ou rendues impropres à la vie animale par le manque d’oxygène.
Grande innovation : en 2024, la Terre a été reconnue comme artiste. Désormais, tous les créateurs qui déclarent un featuring d’une dénommée « NATURE » sur l’un de leurs titres génèrent des royalties pour la sauvegarde des écosystèmes menacés. (…)
Vélo trafiqué
Certains artistes ont également réinventé leurs outils de travail. Pour ses concerts, le duo Aïla a bricolé un amusant système de diffusion mobile sans électricité, composé de tubes et de pavillons acoustiques semblables à ceux des phonographes d’antan. Le Lyonnais Joube a trafiqué son vélo pour en faire un instrument roulant.
Les liens entre les instruments et l’écologie était l’un des nombreux sujets de réflexion de François Ribac. Ce musicien qui enseignait la sociologie de la culture et de l’environnement à Dijon nous a quittés en novembre, laissant à ses lecteurs un dernier livre (Arts de la Scène et Musique dans l’Anthropocène, ndlr.) consultable en ligne. Cette rétrospective lui est dédiée.
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Retrouver le texte intégral de la Rétrospective 2024 sur 4'33.
3. La révolution des communs
Marx Attack. Deux RDVs pour nourrir la révolution des communs. « Le capitalisme : une utopie ? » avec le spécialiste US du néolibéralisme Quinn Slobodian, auteur du livre Le capitalisme de l’apocalypse, à l’Académie du Climat le 1/02 par la revue Terrestres. Puis – niveau sup’ – « Le communisme qui vient ? », organisé les 4, 5 et 6/02 à Rennes, Bubry et Brest, par les Amis du Monde Diplo. On vous aura prévenu.
Wild Hunting. Plus apaisé (quoique) sera votre détour par le Musée de la Chasse et de la Nature, à Paris, où se déroule les 1 et 2/02 le 7e salon du livre Lire la Nature, reliant « pour petits et grands » littérature, art, sciences et environnement. Parmi les rencontres, ateliers, dédicaces et expositions, on note le grand entretien – à ne pas manquer – avec l’anthropologue Charles Stépanoff, en ouverture samedi, à 11H30.
Dans la vallée. Les habitué·es n’auront pas manqué d’inscrire à leur agenda les 23e Rencontres de Die, dans la Biovallée drômoise, démarrées depuis quelques jours. 80 événements et autant de films, tables-rondes ou balades où croiser l’historien Jean-Baptiste Fressoz, le bédéiste Alessandro Pignocchi, les réal’ Sylvère Petit et Marie-Monique Robin, José Bové, Pablo Servigne, la jeune militante Adelaïde Charlier…
Au cas où, à la volée ce soir à Paris, la rencontre avec l’éminent archéologue Stéphen Rostain lors d’un « Livres en dialogue » autour de son ouvrage Archéologie de l'Amazonie, publié le 23/01, qui « présente un éventail des recherches récentes et ouvre une fenêtre inédite sur le long passé humain de la plus grande forêt tropicale du monde ». Dernier chapitre signé Philippe Descola.
4. Cornes d’abondance

Collectif Coin - 1ère étape de résidence de Pléonexie au-sein du Marché d’intérêt national – MIN Grenoble-Alpes Métropole, 2024 © DR
L’expo. C’est à Grenoble que le prolifique Collectif Coin propose dès le 8/02 sa dernière création, Pléonexie – pour « vouloir posséder toujours plus » – véritable expression de la démesure dans le réel, par l’art, pour mieux aborder ses effets sur l'être, nos environnements, le collectif, jusqu’à la destruction du vivant. Une installation monumentale à découvrir dans le cadre de l’exigeante biennale Experimenta.
Le podcast. Petit clin d’œil du côté de la Normandie, où se déploie la première saison du chouette podcast Courts-Circuits / Circuits-Courts, de l’agence d’éco-conseillers The Green Room – mené par l’unique Gwen Sharpp. Dernier épisode en date avec Isiah Morice, programmateur et coordinateur de l’emblématique festival Chauffer dans la Noirceur, partage sa vision d’un festival durable, et notamment des enjeux de mobilité.
Le film. De l’Islandaise Björk on connaît l’amour sans borne pour la planète (dernièrement avec l’ONG Bloom) comme pour l’expérimentation esthétique. Depuis le 25/01 est disponible sur AppleTV+ (et donc sur Canal+) son extraordinaire concert-opéra Cornucopia, où elle fait atterrir sur scène un spectacle total consacré au vivant, à son pouvoir de création et de mutation. C’est fou, envoûtant, et absolument splendide.
5. Help Yourself
Vous avez un projet ou une annonce à faire paraître sur Pioche! ? Écrivez-nous à [email protected].
Le Prix COAL publie son appel à projets 2025 intitulé « Eau Douce » à destination des plasticien·nes travaillant autour des enjeux écologiques. Écoconception et collab avec des protecteurs de la nature appréciés.
La Fondation Allianz ouvre son programme de subs 2025 aux initiatives liées à la société civile, à l'écologie, à la culture et à l'art, et aux projets à l'intersection visant un changement systémique. Date limite : 10 février.
L’association rennaise Electroni[k], derrière le festival arts numériques, historiquement écolo Maintenant, recherche son·sa prochaine respo com et relations internationales en CDI. Toutes les infos ici.
Bourges, Capitale européenne de la Culture 2028, ouvre trois postes : chargé.e des appels à projets, spécialisé sur les territoires ruraux ; responsable des projets territoriaux ; gestionnaire RH. Candidatures jusqu’au 9/2.
À Toulouse, le collectif La Petite cherche son·sa future formateur·ice spécialisé·e en égalité des genres et prévention des violences sexistes et sexuelles (VSS). Jusqu’au 5/02.
Le Collectif des festivals a créé une charte pour aider à organiser un service de restauration durable en festival (planification, sélection, valorisation, sensibilisation). C’est à retrouver ici.
L’agence régionale Auvergne-Rhône-Alpes Spectacle Vivant publie sa fiche 2025 « L’économie circulaire appliquée à la conception de spectacles ou de projets au sein des lieux culturels ». Une mine d’infos et de ressources.
6. Cœurs de pirates
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