1. Nouvelles vagues

Œuvre de Leeza Pritychenko, derrière l’image de Nuits sonores cette année (cf. plus bas)
Kiss Cool. Le nouveau scénario du GIEC indique une hausse de la température max de +3,5°C en 2100 contre +5,7°C jusqu’ici, « compte tenu de l'évolution des coûts des énergies renouvelables, de la mise en place de politiques climatiques et des tendances récentes en matière d'émissions ». Rappel : le climat n’est que l’une des 9 limites planétaires vitales pour l’humanité, et 7 (dont la température) sont déjà franchies.
Golden tickets. Alors que les événements musicaux majeurs en Europe ne sont liés qu’à quelques grands groupes, produisant aussi leurs artistes dans leurs arenas via leurs plateformes de billetterie, Dominique A montre la voie – suite au départ des 260 (!) auteur·ices de Grasset – refusant de jouer dans les salles dans le giron de Vincent Bolloré, « ce milliardaire d’extrême droite ». Soutenons ces artistes dans les urnes.
French Deconnection. Face au pillage des œuvres par l’IA, 81 organisations culturelles françaises – soit 25 000 structures et pros (!) – du théâtre, presse, livre, musique, cinéma, etc., appellent les député·es à inscrire dans la loi « la présomption d’utilisation des contenus culturels ». « Nous ne pouvons pas continuer à accepter qu’un secteur économique se construise sur le pillage généralisé d’un autre secteur. »
Soit dit en passant, il ne reste plus que quelques heures pour soutenir sur Ulule le (super) projet Fluctuboat, soit l’achat d’une péniche pour déployer le festival écolo, local et citoyen Fluctuations le long des fleuves d’Europe. On soutient !
2. « Un tissu associatif qui va mal fait le lit d'une bascule vers l’extrême droite » – Martin Bobel (Le Mouvement Associatif)
Avec ses 20 millions de bénévoles, le tissu associatif s'affirme toujours plus comme un refuge démocratique et citoyen, en parallèle d'une fragmentation politique et d'une abstention grandissantes. Pourtant, la baisse des subventions publiques et leur « marchandisation » asphyxient aujourd'hui ces structures essentielles au lien social et aux solidarités.
De quoi nourrir le sentiment d'abandon et la perte de sens dans le commun, qui font directement le lit du vote d'extrême droite, pointe le Mouvement associatif, à l'heure de prochaines grandes échéances électorales. Un entretien réalisé en partenariat avec Diffuz, by Macif, et co-publié sur Carenews, le média des acteurs de l'engagement.
Quels liens tirez-vous entre engagement associatif et vie démocratique, notamment à l'échelle locale ?
Le fait associatif précède la démocratie, et a minima le constitue, parce qu’il est l'endroit de l'engagement, du lien des individus les uns avec les autres. Il est une forme de constituante que notre société accorde à ses citoyens pour œuvrer dans la société, aux côtés du corps syndical ou de l'engagement politique. Et ici, vers toutes les fins, tant qu'elles sont républicaines et non dirigées vers le profit.
« Le fait associatif détient, dans son essence, une capacité de résolution de la crise actuelle du pouvoir »
Dans notre rapport au CESE, nous avons présenté une analyse statistique du lien entre l'intensité associative et le taux d'abstention ou de participation au suffrage. Nous avons observé une corrélation.
Peut-on considérer la hausse de créations d’associations par les citoyens comme un désir d’autonomie, de reprise de contrôle et de participation active à la vie de la cité ?
C’est notre objet du moment, car nous lisons aujourd’hui une crise du pouvoir. Nous pensons que les citoyens et les citoyennes se sentent de plus en plus dépossédés de leur capacité à avoir prise sur le monde qui les entoure, localement comme dans sa globalité. Cela nourrit des sentiments de désarroi, d'abandon, d'humiliation.

Martin Bobel @Le CESE
Le fait associatif détient, dans son essence, une capacité de résolution. Car il a cette faculté à mettre les gens les uns avec les autres – dans notre jargon, on parle « d'associativité », c’est un peu la science du lien et du faire ensemble. Mais cela n’est possible que si son architecture de droit et de redistribution est préservée.
Pourquoi peut-on aujourd'hui s'engager les uns avec les autres pour faire système, faire société, faire territoire ou communauté ? Grâce à un cadre de liberté et de moyens. Or, on observe que l'espace de l'initiative, de la prise de parole politique et de l'influence sur la vie quotidienne est de plus en plus contraint. (…)
Peut-on corréler le vote d'extrême droite à un tissu associatif plus fragilisé ?
Un tissu associatif mal en point est symptôme d'un retrait de pouvoir donné aux citoyens. De plus, nombre d'activités associatives financées par la dépense publique sont d'intérêt général et participent d'un service public au sens large, qui a été soit privatisé, qui s’est retiré ou qui était inexistant.
« La liberté d'association, c'est aussi avoir les moyens de l'action »
Quand ces activités vont mal, des citoyens ont moins accès aux soins, aux gardes pour les enfants, aux temps collectifs, à l'accompagnement des aînés, etc. Donc, si l’on considère que l'extrême droite s'appuie sur un sentiment d'abandon et un sentiment de déclassement, en effet, on peut dire qu'un tissu associatif qui va mal fait le lit d'une bascule vers l'extrême droite.
Alors, une baisse des subventions aux associations contribue-t-elle à construire un vote d'extrême droite, peu importe les tailles de ville ?
En 1946, pour éviter le retour du fascisme, a été construit un système redistributif universel, principalement axé autour de la sécurité sociale, mais pas seulement. A aussi été développé un certain nombre de services publics, autant nécessaires à la reconstruction que conçus pour préserver les personnes les plus précaires d'une forme de déclassement, et leur permettre d’accéder au principe constitutionnel de dignité.
À mesure que nous détricotons ces systèmes de solidarité, qui nous lient les uns les autres par la contribution mais aussi par l'accès universel au service, il n'est pas anormal de considérer plus fortes les chances du retour du fascisme. Avec plus de modération, le tissu associatif s'inscrit dans cette logique-là. Pour sa part de substitution du service public au sens large, et ce qu’il construit de lien social et d'une forme d'autodétermination par le bas.
Les citoyens s'organisent pour définir ce qu'ils pensent être le mieux sur un territoire donné pour une cause déterminée, un sujet mal traité. Cette capacité d'autodétermination a du sens. Quand on la retire, on crée une forme de désengagement, de lâcher prise. (…)
Lire la suite de l’article sur piochemag.fr.
S’engager près de chez soi sur Diffuz.
3. Robuste

Nuits sonores. Pour les Lyonnais·ses, et pour les fidèles que nous sommes, ces deux mots symbolisent tout à la fois les premières danses sous le soleil estival, l’excellence des musiques électroniques d’hier à aujourd’hui, et l’exigence d’une ligne éditoriale – et politique, disons-le – au plus près des enjeux de l’époque.
Évolution des temps, nous y serons cette année pour cette dernière raison, et l’animation d’une table ronde, plutôt que pour squatter les caissons de basse. Mais quelle table ronde. À main gauche, Aïssetou Diawara et Manel Bentefrit, deux bénévoles de Banlieues Climat (nos articles), l’une à Trappes, l’autre au Mans. À main droite, Julie Pasquet, représentant le collectif Le Bruit qui Court (nos articles), et le biophysicien chantre de « la robustesse » Olivier Hamant.
Nous discuterons des liens, de l’entraide et de la sous-performance – et de combien la nature est exemplaire en la matière – comme réponses aux crises actuelles. Avant d’aller du pied devant les DJ sets et les lives de Ben UFO, Ivan Smagghe, Kittin et Dasha Rush. On ne se refait pas.
Retrouver ici la programmation musicale, et ici celle des conférences.
4. Passé chez Pioche!
5. Oubliez les visios
Garden party. À Bobigny, La Prairie du Canal accueille ce 10.05 la Fête du Végétal, une grande journée pour sensibiliser petit·es et grand·es à l'alimentation végétale et la préservation de la nature, organisée par AVF - l'Association Végétarienne de France. Sur place : épicerie et food truck 100% végétal, marché de créateur·ices fleuri et engagé, conférence, atelier kids friendly… Entrée gratuite, de 14h à 21h.
Bougie bougie. La semaine prochaine sur les quais bordelais, le beau lieu Bien Public (qui nous a fait un accueil royal pour le dernier Before Planet Parade) fête ses 1 an et confie pour l’occasion sa prog à l’asso locale – et 100% culture écolo – Slowfest (notre article) : « slow parade » animée par des MCs, fabrication d’instruments à partir de récup’, « fanfare techno poubelle », discussion, fête militante, DJ sets et concerts.
Homework. Reporterre a ressorti sa carte des luttes locales, avec 650 collectifs actuellement mobilisés contre des projets partout en France, qui ont besoin de soutien. C’est aussi là l’occasion d’apporter un renfort (toujours) précieux pour essayer de faire bouger les choses près de chez soi, conjurer la sensation d’impuissance par la mise en action. Et au-delà, de se rencontrer et nouer des liens autour de valeurs partagées.
6. La revue de presse de Claude Askolovitch (non)
Crevez l’écran : Le nombre de mots prononcés chaque jour diminue – Time France.
Independenza : Avec Mastodon, la fronde discrète des institutions culturelles contre les plateformes – Les e-novateurs.
Portrait étiré : Jean-Marc Jancovici, l’ingénieur-roi, ses disciples et ses principes – Revue21
CQFD : Dans le Vaucluse, la culture meurt à petit feu dans les petites villes gérées par l’extrême-droite – OPC (issu d’une enquête collective sur la politique associative des mairies d’extrême-droite dans le Sud).
CQFD (bis) : Des parlementaires RN, LR et Horizons ont refusé la publication d’un rapport sur les effets sanitaires et environnementaux de l’acétamipride, le pesticide « tueur d’abeilles », pourtant jugé sérieux et documenté – Vert.
Miyazaki likes this : Pourquoi le riz, don des dieux, est bien plus qu’un aliment au Japon – Le Monde, un grand article.
Au cas où : Les éditions Le Passager clandestin republient Le guide du manifestant arrêté par le Syndicat de la Magistrature – pdf en gratuit.
Signez ici : Yuka, foodwatch et France Assos Santé lancent une pétition pour limiter le marketing pour les aliments ultra-transformés
Invendable (et indispensable) : Le livre Pisser dans les cours d'eau. Carnets de reportages très indépendants, par Serge Hastom aux Éd. du Faubourg.
7. Bisous
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