• Pioche! Magazine
  • Posts
  • 🌿 Oubliez les visios | Le lit de l’extrême droite | Nouvelles vagues | Robustes Nuits sonores | Claude Askolovitch | Tourner à vélo...

🌿 Oubliez les visios | Le lit de l’extrême droite | Nouvelles vagues | Robustes Nuits sonores | Claude Askolovitch | Tourner à vélo...

Culture & écologies 🌿

1. Nouvelles vagues

ƒuvre de Leeza Pritychenko, derriĂšre l’image de Nuits sonores cette annĂ©e (cf. plus bas)

Kiss Cool. Le nouveau scĂ©nario du GIEC indique une hausse de la tempĂ©rature max de +3,5°C en 2100 contre +5,7°C jusqu’ici, « compte tenu de l'Ă©volution des coĂ»ts des Ă©nergies renouvelables, de la mise en place de politiques climatiques et des tendances rĂ©centes en matiĂšre d'Ă©missions ». Rappel : le climat n’est que l’une des 9 limites planĂ©taires vitales pour l’humanitĂ©, et 7 (dont la tempĂ©rature) sont dĂ©jĂ  franchies.

Golden tickets. Alors que les Ă©vĂ©nements musicaux majeurs en Europe ne sont liĂ©s qu’à quelques grands groupes, produisant aussi leurs artistes dans leurs arenas via leurs plateformes de billetterie, Dominique A montre la voie – suite au dĂ©part des 260 (!) auteur·ices de Grasset – refusant de jouer dans les salles dans le giron de Vincent BollorĂ©, « ce milliardaire d’extrĂȘme droite ». Soutenons ces artistes dans les urnes.

French Deconnection. Face au pillage des Ɠuvres par l’IA, 81 organisations culturelles françaises – soit 25 000 structures et pros (!) – du théùtre, presse, livre, musique, cinĂ©ma, etc., appellent les dĂ©puté·es Ă  inscrire dans la loi « la prĂ©somption d’utilisation des contenus culturels ». « Nous ne pouvons pas continuer Ă  accepter qu’un secteur Ă©conomique se construise sur le pillage gĂ©nĂ©ralisĂ© d’un autre secteur. »

Soit dit en passant, il ne reste plus que quelques heures pour soutenir sur Ulule le (super) projet Fluctuboat, soit l’achat d’une pĂ©niche pour dĂ©ployer le festival Ă©colo, local et citoyen Fluctuations le long des fleuves d’Europe. On soutient !

2. « Un tissu associatif qui va mal fait le lit d'une bascule vers l’extrĂȘme droite » – Martin Bobel (Le Mouvement Associatif)

Avec ses 20 millions de bénévoles, le tissu associatif s'affirme toujours plus comme un refuge démocratique et citoyen, en parallÚle d'une fragmentation politique et d'une abstention grandissantes. Pourtant, la baisse des subventions publiques et leur « marchandisation » asphyxient aujourd'hui ces structures essentielles au lien social et aux solidarités.

De quoi nourrir le sentiment d'abandon et la perte de sens dans le commun, qui font directement le lit du vote d'extrĂȘme droite, pointe le Mouvement associatif, Ă  l'heure de prochaines grandes Ă©chĂ©ances Ă©lectorales. Un entretien rĂ©alisĂ© en partenariat avec Diffuz, by Macif, et co-publiĂ© sur Carenews, le mĂ©dia des acteurs de l'engagement.

Quels liens tirez-vous entre engagement associatif et vie démocratique, notamment à l'échelle locale ?

Le fait associatif prĂ©cĂšde la dĂ©mocratie, et a minima le constitue, parce qu’il est l'endroit de l'engagement, du lien des individus les uns avec les autres. Il est une forme de constituante que notre sociĂ©tĂ© accorde Ă  ses citoyens pour Ɠuvrer dans la sociĂ©tĂ©, aux cĂŽtĂ©s du corps syndical ou de l'engagement politique. Et ici, vers toutes les fins, tant qu'elles sont rĂ©publicaines et non dirigĂ©es vers le profit.

❝

« Le fait associatif détient, dans son essence, une capacité de résolution de la crise actuelle du pouvoir »

Dans notre rapport au CESE, nous avons présenté une analyse statistique du lien entre l'intensité associative et le taux d'abstention ou de participation au suffrage. Nous avons observé une corrélation.

Peut-on considĂ©rer la hausse de crĂ©ations d’associations par les citoyens comme un dĂ©sir d’autonomie, de reprise de contrĂŽle et de participation active Ă  la vie de la citĂ© ?

C’est notre objet du moment, car nous lisons aujourd’hui une crise du pouvoir. Nous pensons que les citoyens et les citoyennes se sentent de plus en plus dĂ©possĂ©dĂ©s de leur capacitĂ© Ă  avoir prise sur le monde qui les entoure, localement comme dans sa globalitĂ©. Cela nourrit des sentiments de dĂ©sarroi, d'abandon, d'humiliation.

Martin Bobel @Le CESE

Le fait associatif dĂ©tient, dans son essence, une capacitĂ© de rĂ©solution. Car il a cette facultĂ© Ă  mettre les gens les uns avec les autres – dans notre jargon, on parle « d'associativitĂ© », c’est un peu la science du lien et du faire ensemble. Mais cela n’est possible que si son architecture de droit et de redistribution est prĂ©servĂ©e.

Pourquoi peut-on aujourd'hui s'engager les uns avec les autres pour faire systÚme, faire société, faire territoire ou communauté ? Grùce à un cadre de liberté et de moyens. Or, on observe que l'espace de l'initiative, de la prise de parole politique et de l'influence sur la vie quotidienne est de plus en plus contraint. (
)

Peut-on corrĂ©ler le vote d'extrĂȘme droite Ă  un tissu associatif plus fragilisĂ© ?

Un tissu associatif mal en point est symptĂŽme d'un retrait de pouvoir donnĂ© aux citoyens. De plus, nombre d'activitĂ©s associatives financĂ©es par la dĂ©pense publique sont d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral et participent d'un service public au sens large, qui a Ă©tĂ© soit privatisĂ©, qui s’est retirĂ© ou qui Ă©tait inexistant.

❝

« La liberté d'association, c'est aussi avoir les moyens de l'action »

Quand ces activitĂ©s vont mal, des citoyens ont moins accĂšs aux soins, aux gardes pour les enfants, aux temps collectifs, Ă  l'accompagnement des aĂźnĂ©s, etc. Donc, si l’on considĂšre que l'extrĂȘme droite s'appuie sur un sentiment d'abandon et un sentiment de dĂ©classement, en effet, on peut dire qu'un tissu associatif qui va mal fait le lit d'une bascule vers l'extrĂȘme droite.

Alors, une baisse des subventions aux associations contribue-t-elle Ă  construire un vote d'extrĂȘme droite, peu importe les tailles de ville ?

En 1946, pour Ă©viter le retour du fascisme, a Ă©tĂ© construit un systĂšme redistributif universel, principalement axĂ© autour de la sĂ©curitĂ© sociale, mais pas seulement. A aussi Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ© un certain nombre de services publics, autant nĂ©cessaires Ă  la reconstruction que conçus pour prĂ©server les personnes les plus prĂ©caires d'une forme de dĂ©classement, et leur permettre d’accĂ©der au principe constitutionnel de dignitĂ©.

À mesure que nous dĂ©tricotons ces systĂšmes de solidaritĂ©, qui nous lient les uns les autres par la contribution mais aussi par l'accĂšs universel au service, il n'est pas anormal de considĂ©rer plus fortes les chances du retour du fascisme. Avec plus de modĂ©ration, le tissu associatif s'inscrit dans cette logique-lĂ . Pour sa part de substitution du service public au sens large, et ce qu’il construit de lien social et d'une forme d'autodĂ©termination par le bas.

Les citoyens s'organisent pour dĂ©finir ce qu'ils pensent ĂȘtre le mieux sur un territoire donnĂ© pour une cause dĂ©terminĂ©e, un sujet mal traitĂ©. Cette capacitĂ© d'autodĂ©termination a du sens. Quand on la retire, on crĂ©e une forme de dĂ©sengagement, de lĂącher prise. (
)

Lire la suite de l’article sur piochemag.fr.
S’engager prĂšs de chez soi sur Diffuz.

3. Robuste

Nuits sonores. Pour les Lyonnais·ses, et pour les fidĂšles que nous sommes, ces deux mots symbolisent tout Ă  la fois les premiĂšres danses sous le soleil estival, l’excellence des musiques Ă©lectroniques d’hier Ă  aujourd’hui, et l’exigence d’une ligne Ă©ditoriale – et politique, disons-le – au plus prĂšs des enjeux de l’époque.

Évolution des temps, nous y serons cette annĂ©e pour cette derniĂšre raison, et l’animation d’une table ronde, plutĂŽt que pour squatter les caissons de basse. Mais quelle table ronde. À main gauche, AĂŻssetou Diawara et Manel Bentefrit, deux bĂ©nĂ©voles de Banlieues Climat (nos articles), l’une Ă  Trappes, l’autre au Mans. À main droite, Julie Pasquet, reprĂ©sentant le collectif Le Bruit qui Court (nos articles), et le biophysicien chantre de « la robustesse » Olivier Hamant.

Nous discuterons des liens, de l’entraide et de la sous-performance – et de combien la nature est exemplaire en la matiĂšre – comme rĂ©ponses aux crises actuelles. Avant d’aller du pied devant les DJ sets et les lives de Ben UFO, Ivan Smagghe, Kittin et Dasha Rush. On ne se refait pas.

4. Passé chez Pioche!

5. Oubliez les visios

Garden party. À Bobigny, La Prairie du Canal accueille ce 10.05 la FĂȘte du VĂ©gĂ©tal, une grande journĂ©e pour sensibiliser petit·es et grand·es Ă  l'alimentation vĂ©gĂ©tale et la prĂ©servation de la nature, organisĂ©e par AVF - l'Association VĂ©gĂ©tarienne de France. Sur place : Ă©picerie et food truck 100% vĂ©gĂ©tal, marchĂ© de crĂ©ateur·ices fleuri et engagĂ©, confĂ©rence, atelier kids friendly
 EntrĂ©e gratuite, de 14h Ă  21h.

Bougie bougie. La semaine prochaine sur les quais bordelais, le beau lieu Bien Public (qui nous a fait un accueil royal pour le dernier Before Planet Parade) fĂȘte ses 1 an et confie pour l’occasion sa prog Ă  l’asso locale – et 100% culture Ă©colo – Slowfest (notre article) : « slow parade » animĂ©e par des MCs, fabrication d’instruments Ă  partir de rĂ©cup’, « fanfare techno poubelle », discussion, fĂȘte militante, DJ sets et concerts.

Homework. Reporterre a ressorti sa carte des luttes locales, avec 650 collectifs actuellement mobilisĂ©s contre des projets partout en France, qui ont besoin de soutien. C’est aussi lĂ  l’occasion d’apporter un renfort (toujours) prĂ©cieux pour essayer de faire bouger les choses prĂšs de chez soi, conjurer la sensation d’impuissance par la mise en action. Et au-delĂ , de se rencontrer et nouer des liens autour de valeurs partagĂ©es.

6. La revue de presse de Claude Askolovitch (non)

7. Bisous

đŸ€“ Merci d’avoir parcouru jusqu’ici cette nouvelle Ă©dition de Pioche!. Qu’en pensez-vous ? Écrivez-nous (sans filtre) Ă  [email protected].

💌 On vous a transmis cette infolettre et vous voulez recevoir les prochaines ou lire les prĂ©cĂ©dentes ? C’est ici : bonne.piochemag.fr.

đŸ» Retrouvez Pioche! sur Instagram, LinkedIn et piochemag.fr.

🌍 Rejoignez l’organisation de la premiĂšre Planet Parade, la grande manif’ populaire, artistique et festive qui cĂ©lĂ©brera l’engagement citoyen pour l’environnement.