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1. Partenaires particuliers

Calmement. Après le bilan carbone, voici le nouvel enjeu de l’empreinte globale des événements culturels. Car si chaque structure a l’embarras du choix pour mesurer son empreinte environnementale – Seeds, GHG Protocol, ISO20121… – le sacro-saint Bilan carbone se retrouve challengé par des scores RSE plus globaux. On fait le point avec l’éco-conseiller David Irle, le Collectif des Festivals, We Love Green ou l’Aéronef.

Tournez manège. Pendant ce temps, neuf professionnels du concert en Europe – dont le Périscope à Lyon – travaillent à l’avenir du live en organisant des tournées d’artistes internationaux à l’échelle d’un territoire, réduisant ainsi leur empreinte carbone. À l’horizon se dessine de futurs métiers de « coordinateur·ices locaux » pour faciliter la circulation des infos et d’animer des réseaux de coopération. On y croit.

Sumo. En Normandie, NORMA vient de publier l’une des plus larges enquêtes sur la mobilité des publics en festival, à partir des témoignages de 5000 festivalier·ères et professionnel·les – le tout porté par une dynamique collective à l’échelle régionale. De quoi lancer de premières expérimentations (bus, cyclistes, com’…) dès ce printemps pour mettre fin au tout-voiture, ce poids lourd du bilan carbone des événements.

Super promo. Avec un budget de 5M€ et une Académie gratuite pour accompagner tous les participant·es, Bourges capitale européenne 2028 ouvre jusqu’au 15/04 son appel à projets créatifs, le CR! (prononcer « le cri ») aux artistes et structures de Centre-Val de Loire – et d’Angoulême, Avignon, Béthune, Guingamp et Nevers – pour « Réinventer les Imaginaires ». Lezgo.

2. « On entend surtout les dirigeants qui n’étaient pas motivés parler plus fort aujourd’hui, parce qu’ils sentent que ce discours est plus entendable » – Isabelle Albertalli

Retours législatifs sur les dispositifs zéro artificialisation nette, sur les réglementations agricoles (retoqués par le Conseil d’État), coup de rabot sur le budget MaPrimeRénov’, critique ouverte des dépenses de l’Ademe… À l’heure des incertitudes économiques et du « backlash » écologique, les entreprises sont-elles encore engagées pour la transition de leurs activités ?

On a posé la question Isabelle Albertalli, directrice Climat de Bpifrance à quelques jours de leur événement Jour E, qui rassemble près de 1000 entrepreneur·ses engagé·es dans la transition de leurs activités. Nous aurons le plaisir d'y intervenir sur les volets culture (aux côtés de l’Ademe, Fairly et de l’artiste Fakear), ce 2 avril au Palais Rameau, à Lille.

Où en est-on de la redirection écologique au sein des entreprises, et où est-il nécessaire de poursuivre des efforts ?

Depuis 2020, nous avons accompagné 11000 entreprises à se mettre en transition, dont 4300 en 2024. Ça s'est vraiment accéléré. Nous n'avons jamais eu autant de demandes pour des accompagnements dédiés, comme des diagnostics sur les procédés, sur l’efficacité énergétique, la sobriété, les matériaux ou pour un bilan carbone, qui est celui qui fonctionne le mieux.

C'est un peu plus timide sur les sujets de sobriété énergie-eau. Beaucoup ont eu lieu durant la crise de l'énergie, pour des raisons économiques, et se disent aujourd'hui à flot. J'aimerais aussi plus vite voir avancer les sujets de matériaux, d’adaptation et de rénovation énergétique. Mais malgré cette ambiance morose de backlash macropolitique, beaucoup de dirigeants souhaitent concrètement prolonger la transition de leur entreprise.

Ressentez-vous un désinvestissement lié à ce « backlash » ou aux incertitudes économiques et politiques actuelles ?

Si l’entreprise a déjà engagée beaucoup d'énergie ou d'argent, elle sera moins encline à reculer. Si celle-ci n'était pas convaincue, elle sera d'autant plus attentiste. (…) Ceci étant dit, les dirigeants qui avaient embauché sur ces sujets, pour mettre en place des indicateurs ou des outils plus performants, certes étaleront davantage dans le temps leurs ambitions, mais garderont tout de même ce momentum.

Notamment parce que certains y voient une opportunité directe d'économie d'énergie, d'eau, et donc de coûts de production. Si j'ai changé déjà ma chaîne d'approvisionnement, je suis aussi moins soumis aux tensions géopolitiques, et donc aux problèmes de sourcing. Ce genre d'actions a un impact direct sur la facture, sur la disponibilité de mon produit ou ce qui va me permettre de mieux recruter. Donc ceux-là continuent.

La position va dépendre d'où on en est, et des intérêts business qui y sont liés. Je crois que l'on entend surtout ceux qui n’étaient pas motivés parler plus fort aujourd'hui, parce qu'ils sentent que ce discours est plus entendable. Nous n'assistons pas à un revirement à 180 degrés.

Penser réseau, territoire, c'est aussi penser chaîne de valeur, écosystème. Où en est-on de cette acculturation à ces changements de modèle, à la nécessité de travailler en réseau, en coopération, en interne comme à l'échelle territoriale ?

Nous, on croit sincèrement dans le fait qu'à plusieurs, on va plus vite et on va plus loin. D'où la création de cette communauté du Coq Vert, qui n'est pas un label mais réunit tous ceux qui ont commencé et peuvent aller plus loin. Les plus avancés donnent la main, c'est une cordée.

« C’est à l’échelle de l’écosystème local qu’il est plus facile pour les acteurs de coopérer »

Et on anime cette communauté très localement, parce qu'on croit beaucoup que c’est à l’échelle de l’écosystème local qu’il est plus facile pour les acteurs de coopérer. Si j'ai des déchets qui peuvent servir d'intrants à quelqu'un d'autre, c’est plus facile quand c'est proche. Il faut fonctionner collectif.

La question, c'est aussi l’endroit où est placé le sujet climatique. Est-ce que le ou la dirigeante en parle comme d’une priorité ? Clairement, dans les entreprises les plus avancées, c'est porté par le dirigeant, ou son comex. Ensuite, on essaie d'embarquer tous les collaborateurs, et de valoriser celles et ceux qui travaillent sur ce sujet.

Le fait d'être sur ce chemin de la redirection de son entreprise mène-t-elle en interne à d’autres modes de collaboration, à s’emparer des questions de bien-être au travail, d'équité des salaires, de démocratie dans l’entreprise ?

C'est difficile à quantifier. Après, dans une PME, quand le ou la dirigeant a envie d'y aller, ça embarque tout le monde. Parce que la démarche amène à se poser des questions de fond. Pour celles qui se sont embarquées dans la transition, c'est de mieux en mieux, mais il y a encore du travail.

Lire la suite de notre interview sur Pioche!
Infos et réservations pour Jour E, ce 2 avril au Palais Rameau.

3. Yecʼhed mat

28-29/03. Le Climat Libé Tour poursuit son itinérance au croisement de l’écologie et la justice sociale, et fait escale ce week-end à l’Académie du Climat, à Paris, pour cette fois questionner les enjeux de l’avenir de l’eau« peut-on encore avoir confiance en l’eau que l’on boit ? Comment éviter la guerre de l’eau ? ». À l’affiche : Paul Watson, Camille Étienne ou la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.

27-30/03. Lyonnais·e ce week-end, direction le 7e « festival des idées » l’École de l’Anthropocène : vous y écouterez parler contre-récits, écologie et BD ou « humanimaux » des intervenant·es aussi divers qu’exigeant·es : Sanaa Saitouli (Banlieues Climat), Juliette Rousseau, Patrick Boucheron, Charles Stépanoff ou encore… Judith Davis qui y projettera son film Bonjour l’Asile.

03-06/04. Et on prend un peu d’avance pour anticiper le (très) dansant Panoramas Festival, à Morlaix (3-6/04). Vous savez, ce festival qui a choisi réduire sa taille pour mieux faire la fête, près de la ville, avec un line-up quasi 100% français. Le samedi, échanges sur la mobilité, l’alimentation, les déchets et les méthodes de sensibilisation à l’écologie dans le cadre des festivals. Yecʼhed mat.

4. À la Prévert

Vous avez un projet ou une annonce à faire paraître sur Pioche! ? Écrivez-nous à [email protected].

  •  L’Agence Arsud ouvre, à partir du 27/03 et jusqu’au 13/06, différents forums départementaux consacré au « Zéro déchet culturel ». Celui d’aujourd’hui est complet – c’est ici pour s’inscrire pour les suivants.

  • L’ex-Ground Control Mathilde Girault, l’asso Dis Mara et le festival Destination Podcast recensent les « podcasts de territoire » de France par le biais de ce formulaire à compléter.

  • Demain à l’espace Malraux de Chambéry, un atelier posera la question suivante : « Mobilités, quels leviers concrets pour la transition écologique des lieux de spectacle et festivals ? »

  • Et lundi 31/03, le Théâtre de la Commune d’Aubervilliers accueille une journée d'étude autour de cette autre interrogation « La transition écologique dans le spectacle vivant : quels impacts et défis pour nos métiers ? ».

  • La Fondation Carasso fait un appel à candidatures pour son 3e programme In Situ, qui invite 10 artistes citoyens et engagés à interroger les liens entre création et transition écologique et sociétale. Jusqu’au 26 avril.

  • L’appel à projets du Prix COAL d’art contemporain, lui, est consacré cette année à l’eau douce, pour « raviver notre sensibilité et lui redonner une place centrale dans nos préoccupations ». Jusqu’au 20 avril.

  • La 3e édition du Prix Art Éco-Conception d'Art of Change 21 travaille de son côté en faveur de la réduction de l’impact environnemental de l’art contemporain. Jusqu’au 6 avril.

  • À noter aussi, plus qu’un gros mois pour candidater au Prix Amrhein et tenter de remporter les 15000€ récompensant des projets qui intègrent la préservation de la biodiversité dans la restauration du patrimoine bâti ancien.

  • Enfin à lire la dernière newsletter de « Quoi de neuf Diffuz », cette infolettre consacrée au bénévolat et à la solidarité que nous signons chaque mois – avec fierté et application – pour Diffuz, la plateforme de défis citoyens de la Macif.

5. Cordialement

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