1. PISA DANS UN VIOLON
Le test PISA 2025 (quelques questions ici) montre un décrochage des élèves en France – notamment des plus favorisés – comme dans l’ensemble de l’OCDE. Selon le Haut-Commissariat au Plan, les causes sont un combo : accueil d’élèves en situation de handicap, écrans, moyens faibles, semaine de 4 (longues) journées et enseignant·es seul·es et mal formé·es. S’ajoutent, selon le PISA, un moindre accompagnement des parents. Qui pour leur jeter la pierre, quand le temps de travail, les responsabilités et la perte de sens grimpent – même chez les cadres – plus vite que leur revenu.
Près de 200 éditeurs engagés (Audimat, Bandes Détournées, La Dispute, Daronnes…) sont en difficulté après la disparition cet été de leur distributeur Makassar – également engagé – notamment du fait du « placement en redressement judiciaire, au printemps dernier, de Gibert, Furet du Nord et Decitre » (Mediapart). Un vrai domino qui vient pénaliser les voix « de gauche, queers, féministes et racisées ». Des cagnottes de soutiens, comme ici pour Les éditions sociales et La Dispute, sont en ligne.
Pendant que Thom Yorke, Massive Attack, Robert Smith, HAAi et plus de 200 musicien·nes demandent au nouveau Premier ministre UK d’abandonner l’exploitation d’un gisement pétrolier en mer du Nord (Télérama, NME), la polémique aux US est une pétition du Conseil Israélien Américain demandant l’exclusion de Macklemore de la tournée d’Ed Sheeran, le rappeur ayant scandé « Free Palestine » sur scène ce week-end. Réponse de l’intéressé : « Aucun d’entre nous ne sera libre tant que nous ne serons pas tous libres. » Alerte PISA : aux US, on en est à rappeler les bases.
L’occasion de rappeler la honte qui a frappé la mairie (Horizons) de Deauville après sa décision de décrocher de son expo sur le sport cette photo (en Une) d’un match de football à Gaza, au milieu des ruines, après un message menaçant, le 11.08, d’un influenceur présenté comme « sniper digital d’Israël ». Le 31.08, la justice confirmait l’atteinte à la liberté d’expression. La honte (bis).
2. PLANÈTE BOUM BOUM : « Au-delà du concert, on veut que notre venue donne plus de pouvoir aux gens pour agir ensemble »
Entre beats techno et slogans populaires, Planète Boum Boum s’impose comme l’un des visages de la lutte radicale. Il faut dire que le collectif a pris du galon, depuis leurs coups d’éclats en manif’ – « retraite, climat, même combat » – rendus célèbre par l’activiste MC Danse pour le Climat, l’une des figures de « PBB ».
Mobilisation pour le fret ferroviaire aux côtés de Sud Rail, co-organisation des événements de rencontre entre syndicats et activistes Sueur Sociale, participations aux luttes locales… Leur univers « joyeux et satirique » fait mouche, jusqu’à séduire les festivals grand public de cet été.
Avant de les laisser rejoindre les mobilisations citoyennes de la rentrée – la Fête de l’Huma ce week-end, Nos Sourires Font Désordre, la mob contre les pesticides…), on a rencontré Eva Charron, membre de cette bande d’agitateur·ices qui, plus que jamais, fait de la fête une arme politique.
Peux-tu décrire ce qu’il se passe lors de vos concerts ?
Il faut savoir donner de l’information sans désespérer tout le monde. Au milieu de toutes ces nouvelles écrasantes, c'est plus dur de le faire, de retrouver l'énergie que l’on promeut, c’est-à-dire la joie. Mais les gens continuent de sortir de nos concerts galvanisés.
On commence par amener le public dans notre univers, très second degré et critique. On lance « la danse des milliardaires », qui interpelle tout de suite, puis viennent nos chansons politiques, comme « On veut du fret ferroviaire », avec à chaque fois un lien vers l’actualité, les actions possibles.
(…) Notre concert est un vrai cheminement politique pour quelqu'un qui ne serait pas forcément politisé.

Planète Boum Boum @Rachel Dano (2023)
Comment vous sentez-vous sur scène dans ce genre de moments ?
En général, le public répond très bien, notamment cette partie du set. Les gens ont vraiment envie de se lâcher, de crier ensemble. Quand le public te redonne ton énergie comme ça, tu es comme portée, c'est hyper fluide. Alors on se sent bien. Parce que c’est aussi un exutoire de notre côté.
Ce qu'on partage au public nous fait aussi rager. Le gueuler avec les gens, c'est comme en manif’ : tu n’es plus tout seule, mais avec des milliers de personnes hyper d'accord. Tu as un sentiment de puissance : « rien n'est joué d’avance, regardez-vous, on est ensemble, on ne va rien lâcher ». Ça fait vraiment du bien.
En ce moment, après les concerts, les gens viennent souvent nous dire que ça leur redonne de l'énergie pour 2027. Parce qu'ils se sentent eux aussi souvent seuls, assommés. Ça les rebooste.
Est-ce plus difficile à certains endroits qu'à d'autres ?
Dernièrement, on a joué dans une région où l'extrême droite est passée aux dernières Municipales. Les jeunes qui organisent ce festival, très généraliste, veulent lutter le plus possible par la culture, en rassemblant le plus largement.
« Les gens viennent souvent nous dire qu'on leur redonne de l'énergie pour 2027 »
Pour eux, « La Jeunesse emmerde le Front National » allait bloquer certaines personnes par la forme, et ils nous ont demandé d'amener le sujet différemment. On a donc fait une sorte de liste, façon slogan, de tout ce que le RN a voté récemment : « Supprimer les pesticides, le RN a voté contre. Rénover les logements, le RN a voté contre. La retraite à 60 ans, le RN a voté contre ».
La chanson était assez entraînante, donnait envie de faire une petite ronde. C'était moins frontal, très factuel et ça a bien marché. C'est une réflexion que l’on va garder pour l'année qui vient, pour amener ces sujets vers des publics mixtes politiquement, et que ça reste très juste dans le propos.
Le vélo pour vous, c’est aussi un moyen de tourner. Qu’est-ce que ça change dans votre manière d’aborder les concerts ?
Dans le collectif, Lulu fait plusieurs dates à vélo cet été. C'est vraiment un autre rapport géographique et à la temporalité (…). Et elle raconte bien que le voyage fait partie de l’aventure concert, et ce dès qu’elle part de chez elle. C'est toute une expérience qu'elle vit du début à la fin. (…)
À l’avenir, on aimerait beaucoup associer nos dates à l’organisation d’ateliers de formation à l'animation festive de manif’ et d'actions militantes, et diffuser le Kit Boum Boum qu’on a créé avec des beats techno-électro simples pour poser des slogans dessus.
Parce qu’au-delà du concert, on veut créer ces liens entre publics, collectifs et syndicats, contribuer à ce que quelque chose germe sur le territoire. Au final, que notre venue donne aux gens plus de pouvoir pour agir ensemble.
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4. DANS LE CABANON
5. LU CET ÉTÉ, À L’OMBRE

Infographie Julien Guillot pour Libération, source Alain Deleflie.
« La vie aux champs plutôt que devant les écrans » : il faut « cultiver son jardin » à l’heure du crash écologique. L’anthropologue Charles Stépanoff et l’essayiste Gaspard Koenig se sont installés à la campagne pour travailler leur terre, persuadés qu’on ne changera pas le monde sans commencer par transformer le sien – par Nicolas Truong, pour Le Monde (abo).
Guillaume Faburel : « Nous avons identifié sept territoires refuges où se dessinera la géographie du nouveau régime climatique ». Il faut proposer des stratégies concrètes d’adaptation et de relocalisation des populations, explique le géographe Guillaume Faburel qui plaide pour un rééquilibrage entre villes et campagnes – par Aurore Coulaud, pour Libération (abo).
Jean Hegland, romancière américaine : « L’idée selon laquelle l’homme doit dominer la Terre et les animaux ne nous a pas bien servis ». Dans un entretien au Monde, l’autrice du roman culte Dans la forêt invite à penser d’autres trajectoires que celle d’une croissance infinie, incompatible avec la préservation du monde vivant – par David Heck, pour Le Monde (abo).
« L’époque n’encourage pas la nuance » : guide « un peu bourrin » pour orienter les décideurs sur l’écologie. Dans sa nouvelle BD, Alessandro Pignocchi se demande si la politique peut se hisser à la hauteur des enjeux de l’urgence écologique. Reporterre propose de découvrir la première moitié de cet album, qui sera publié le 8.10 – par Alessandro Pignocchi, pour Reporterre.
Les lents et l’élan. Rémi Sabouraud slame comme il respire. Dans celui-ci, il invite à prendre le temps… comme il est – par Rémi Sabouraud, pour Chiche! / MakeSense.
Engagement populaire : la relève est déjà là. Sanaa Saitouli (Banlieues Climat) revient sur l’émergence de nouvelles personnalités politiques issues des quartiers populaires, héritières de décennies de luttes souvent ignorées. À l’approche de 2027, ces voix indispensables reflètent celles d’habitant·es concerné·es et conscient·es des enjeux sociaux, écologiques et démocratiques du pays – par Sanaa Saitouli, pour Politis.
6. LA COMMU, LA COMMU
Quelle culture en France en 2050 ? La (très sérieuse) COFAC organise un travail prospectif pour déterminer nos futures politiques culturelles : appel à contributions jusqu’à fin septembre, suivi de deux ateliers les 8.10 (12h-13h30) et 29.10 (19h-20h30).
Deux jours en mer et à terre pour nouer les alliances qui transformeront notre époque, voici le cap de Parés à Virer, dont la 2e édition a lieu les 23 et 24.09 à La Trinité‑sur‑Mer. Avis aux travailleur·ses de la transition, il reste quelques places.
De leur série de 8 webinaires « Réseaux, Outils et Soutiens aux luttes », les militant·es de Terres de Luttes ont issu un podcast : les trois premier épisodes – réseaux outils, réseaux de ravitaillement et mutuelles de matériel – sont en ligne.
7. CALL-TO-ACTION
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