1. Sympa, le JB

« Redshift » de ©Tim Schneider, exposé à Wilde – Le Lieu (Paris 4e) jusqu’au 12.09 pour l’exposition « Quand le ciel recule »
Spoiler alert. « Par peur d’être taxé d’exagération, le GIEC a sous-estimé la brutalité de nos étés » pose tranquillement l’historien Jean-Baptiste Fressoz au Monde. Et notamment en raison de la difficulté à mesurer « la mécanique du jet-stream » qui installe durablement nos dômes de chaleur. Ainsi, « les extrêmes de chaleur en Europe de l’Ouest augmentent bien plus vite que ne le prévoyaient les modèles » et « aucun n’arrive à simuler l’intensité de ces canicules ». Sympa, le JB.
Humans after all. Annulé pour cause de canicule, le festival Solidays lance un appel aux dons sur leur site pour tenter de renflouer les 3M€ de pertes = 70% des fonds de l’asso Solidarité Sida. « Avec l’annulation de Solidays, de nombreux programmes d’aides aux malades et de prévention sont en risque » prévient Luc Barruet, directeur et fondateur de Solidarité Sida à l’Humanité, qui constate déjà « un vrai mouvement de générosité ».
Octogone. Le mercure monte aussi du côté d’Avignon (38°C hier) après les nouvelles annonces d’économies budgétaires pour le Culture en 2026, après celles déjà cartographiées par le SMA. Dans une atmosphère pour le moins crispée – « On assiste à une véritable paupérisation des équipes » ; « On allume des cierges » – plusieurs rassemblements (voire une grande grève) sont prévus ces prochains jours.
Pendant ce temps, l’État a prononcé – discrètement – le mois dernier la dissolution du GIP France Tiers-Lieux, suite et fin d’une baisse de crédits d’intervention en faveur des tiers-lieux de 90% en 2 ans. Un drame pour ces lieux pluriels mêlant souvent ESS, culture très locale, participation citoyenne et économies alternatives, comme le regrette l’Association nationale des tiers-lieux.
2. « On n’aurait jamais imaginé il y a 30 ans qu’on aurait dû au fond défendre la liberté d’expression » – Tryo
Trente ans qu'ils infusent l'urgence des luttes sociales et écologiques dans leurs rythmes solaires. Alors comment réagissent les artisans historiques de « L'Hymne de nos campagnes » quand les canicules et l'extrême-droite étouffent le pays ?
De l'ancrage militant de terrain – auprès de Sea Shepherd ou de la Confédération paysanne – à la tentation de l'arène électorale, Tryo célèbre son anniversaire entre inquiétude et détermination. Mais toujours confiant dans le pouvoir de « la réflexion dans la teuf ». Au vu du contexte, on prend volontiers.
On se parle alors que débute la première canicule de 2026 (le 18 juin, ndlr.). Qu’est-ce qu’on se dit dans ce genre de moments, quand on est un groupe qui sonne l’alerte depuis 30 ans ?
Guiz : Déjà, quand même, qu'on avait raison d'en parler. Qu'il y a 30 ans, on était pris pour des baba cool, tout le monde s’en foutait un peu, et qu'aujourd'hui, au moins, on sait. On ne peut pas passer à côté. Et là, on se le prend en pleine poire. Et en même temps, effectivement, il y a énormément de tristesse. Et parfois de vraies boules au ventre, qu’on n'a pas réussi à faire passer le message.
« Trouver ce lien entre la révolte, la tendresse et la fête »
Toutefois, on ne s'adressait pas spécialement aux politiques, aux multinationales et à tous ces gens qui défoncent notre planète. On s’adressait à des gens qui, comme nous, se sont retrouvés dans ces textes, et qui comme nous aujourd'hui encore se demandent : où va-t-on et où vont nos enfants ? Là, c'est la panique climatique. Avec une vague de température comme ça, on ne peut que s'inquiéter. (…)
L'extrême-droitisation du débat public, la fébrilité de certains décideurs économiques pour les sujets écologiques, est-ce une difficulté pour vous aujourd'hui ?
Christophe Mali : Non, notamment parce que ce n’est pas forcément notre actualité. Par contre, pour rebondir sur « L'Appel des 1000 », on n'aurait jamais pu s'imaginer il y a 30 ans qu'on aurait dû défendre, finalement, la liberté d'expression.
Quand on voit l'extrême-droitisation des médias avec Bolloré, des mairies d'extrême droite qui déprogramment des pièces – Alexis Michalik en a été témoin – ou reprogramment des artistes comme Jean-Luc Lahaye, que personne ne programmait, on n'aurait jamais imaginé en arriver là il y a 30 ans, franchement. Ça fait quand même très, très peur. Nous, on garde une liberté de ton, mais c'est très inquiétant pour la nouvelle génération.

Des MJC aux luttes locales, Tryo fête aussi 30 ans de fidélité aux combats de la culture.
Vous faites des chansons très engagées, mais aussi très joyeuses et pop. Ce peut être troublant pour un nouveau public engagé, radical, qui pourrait s’imaginer que Tryo, c’est mainstream, à rebours de vos discours.
Manu : On peut divertir et avertir en même temps. Ce n’est pas incompatible du tout.
Danielito : Les choses se sont faites naturellement, dès le début, ce côté engagé avec des mélodies joyeuses. Mais si je me réfère à mon passé d’exilé politique et engagé, il y a des gens pour qui l’engagement, c’est un truc grave. Mais on peut aussi parler d’engagement, de politique, de façon humaine et simple. Et ce qui a justement fait une différence, c’est que Tryo portait ce discours-là dans un esprit festif.
Guiz : C’est aussi lié à nos influences : Jacques Higelin, Renaud, qui avait beaucoup d’humour dans ses textes. Bob Marley, une musique hyper solaire. Notre mot d’ordre, quand on a commencé, c’était « la réflexion dans la teuf ». On est de cet ADN-là. À la fois dénoncer et amener beaucoup d’humour et de légèreté, d’amour. Trouver ce lien entre la révolte, la tendresse et la fête, s’amuser. (…)
Vous êtes aussi physiquement sur de nombreux lieux de luttes, comme la ZAD, l’A69. Quels types de relations nouez-vous avec ces luttes sur le terrain ?
Guiz : Depuis le début, on voulait aller plus loin que simplement chanter « ce n'est pas bien ce qu'on fait à notre jolie planète ». On est allés chercher des Greenpeace, on a fait des bilans carbone de nos tournées (dès 2008, ndlr.). Et grâce à ces assos, on a compris plein de choses.
On a participé à un grand rassemblement à Paris contre les +2°C, Ultimatum climatique (en 2009, ndlr.). Beaucoup d'assos sont aussi venues vers nous : « Votre notoriété peut faire du bien à notre lutte, pouvez-vous en parler, rejoindre notre lutte ? » C'est arrivé à la ZAD contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, un combat gagné.
Récemment, on est en train d'éteindre les services d'urgence où je vais avec mes enfants depuis qu’ils sont nés. Ça m'a paru complètement logique de faire résonner leur combat dans les médias du coin aux côtés de Guillaume Meurice, qui est aussi en Bretagne. Je ne me pose pas de questions. On a toujours réagi sur le vif avec Tryo au cours de nos 30 années de promenades et de rencontres associatives. (…)
« Peut-être est-il temps de passer à une vitesse supérieure et plus… radicale »
Pour vos 30 ans, et aussi pour 2027 qui arrive, avec des échéances politiques importantes, que peut-on se souhaiter ? J'ai le mot radicalité en tête.
Christophe Mali : Ce qu'on peut nous souhaiter ? Le meilleur pour les 30 ans : la sortie de trois titres et une grande traversée à travers l'histoire de Tryo. Pour parler de radicalité, et à titre purement personnel, on a chanté des chansons engagées, et je me pose vraiment la question aujourd'hui : est-ce que tout ça a servi à quelque chose ?
Il y a des échéances électorales. Le moment n'est-il pas venu de lâcher la guitare, la plume et de se lancer dans quelque chose que j'ai combattu pendant très longtemps, qui est la politique politicienne ? C'est-à-dire de prendre vraiment son rôle de citoyen et de rentrer dans le vif du sujet de la politique, et commencer à mordre dedans plutôt que d'autres y mordent à notre place. L'heure est très grave, et peut-être est-il temps de passer à une vitesse supérieure et plus... radicale.
Manu : C'est un scoop, y compris pour nous. Christophe, tu nous tiens au courant de tes avancées, ça nous intéresse, vraiment ! (…)
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3. FOMOs
10-12 juillet, Lille. Difficile d’échapper à la vague Fluctuations à Lille ce week-end, ses 30 lives et DJ sets bien dancefloor en open air, ses 12 tables rondes sur la justice sociale, l'écologie ou la démocratie (avec Papatriarcat, les assos Foodwatch, Cancer Colère, Act LGBT, Planet Parade...), ses ateliers participatifs, un FluctuKIDS pour les enfants et un joli village de 30 assos, créateur·ices, artisan·es et projets citoyens. En bref, une belle et grande fête joyeuse et engagée. Soutien entier.
10-12 juillet, Saint-Aubin-sur-mer (76). Quand Pete The Monkey laisse passer une édition, c’est pour revenir en TRÈS grande forme. 2026 signe le retour de ce festival aussi délicieux devant les scènes – 1TBSP, Belaria, Fulu Miziki, La Sueur, Maï-Linh, Bonne Nuit, Luxie, Ino Casablanca – que partout ailleurs, tant ses à-côtés sont soignés, colorés, enfantins, surprenants, conviviaux, et donc bourrés de sens. Le tout pour la bonne cause. Immense FOMO ici, ne faites pas notre erreur.
11-26 juillet, Mèze (34). Enfin de l’autre côté de l’Hexagone, tout à côté de Sète, l’historique Festival de Thau revient pour une 36e saison toujours aux petits soins pour son environnement naturel comme pour son public. Éco-production exemplaire (jusqu’à recevoir le plus haut label régional Événements Détonnants), « éco-dialogues » inspirants, et bien sûr une affiche à la fois locale et internationale, conviviale et engagée. Une madeleine de Proust.
4. Passé chez Pioche!
5. Six papiers
6. On file
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