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1. Tomber de son nuage

Louis Guillaume, éclosion de fruits de peupliers noirs - à voir au Didam de Bayonne ©Claire Jaillard

0-1. Le min. de l’écologie a présenté sa stratégie nationale bas carbone vers la fin du charbon en 2027, du pétrole en 45 et du gaz fossile en 50. Au menu : 2/3 de véhicules neufs électriques et 21% de cultures bio en 2030, mobilité à vélo x3, 250 000 grosses rénovations par an, etc. Problème 1 : le gouvernement soutient des mesures inverses sur l’eau, les forêts, le bio ou, hier encore, en s’abstenant sur l’agriculture et les pesticides.

0-2. Problème 2 : les sous. Quand la décarbonation nécessite 80Mds€ d’investissement annuels en plus d’ici à 2030, l’État limite la dépense : il rabote le Fonds vert (de 2,4Mds€ en 2024, à 837M€ pour 2026), et prévoit « seulement » 1,5Mds€ en plus pour la « mission écologie » en 2027, contre +6,4Mds€ pour la défense.

Petite finale. De son côté, le syndicat du spectacle vivant public Syndeac dénonce, dans un rapport, un système d’aides dans la musique qui favorise les acteurs dominants et les logiques marchande, et demande – notamment au CNM, à la Sacem et via 15 mesures – de passer d’une logique de répartition à une logique de redistribution, pour favoriser la découverte et le soutien à la diversité culturelle. Ça nous parle.

C’est à voir au Didam de Bayonne, l’expo « Coalition, Art, écologie et territoires » rassemble 14 artistes contemporains usant de photos, broderies, installations et de végétaux intégrés aux œuvres pour imaginer de nouvelles manières de sensibiliser à l’écologie (photo de Une).

2. « C'est une même recherche de liberté » : comment le festival Dharma Techno réunit les amoureux·ses de fête, d’écologie et de méditation

« Imagine, plusieurs jours de méditation qui se terminent en teuf techno. » Le pitch est impeccable. Et c’est peu ou prou ce qu’il se passe depuis plus de dix ans lors des retraites et du festival Dharma Techno. Avec comme maîtres de cérémonie, nul autre que l’un des collectifs les plus célèbres de la fête : les Spiral Tribe.

La 6e édition du Dharma Techno Festival, prévue du 19 au 23 août autour d’un plan d’eau, dans la campagne bourguignonne, ne manquera pas de tenir à nouveau ses promesses.

Un événement à taille humaine – 300 personnes – et participatif ; où les enfants sont accueillis par une école de cirque et peuvent s’initier à la musique électronique ; et où les plus grands sillonnent entre temps méditatifs, mouvements, prises de parole, tâches communes, et la musique de Meltdown Mickey (SP23), Gnawa Famila ou de la DJ Nono Gigsta.

Rencontre avec les instigateurs de ces espaces de respiration et de résistance.

En tant que cofondatrice des Spiral Tribe, quels liens fais-tu entre ton expérience de la free party et ce qui est proposé par le Dharma Techno Festival ?

Debbie : Quand on a fait notre première retraite, en 2015, j’avais un peu perdu la connexion avec la techno. Cela faisait déjà quelques années que je n’y retrouvais plus l’énergie qui nous avait animés. Mais quand j’ai vu tout le monde danser, sans produit, c'était fantastique. J'étais trop contente. Et c'est comme ça à chaque fois.

Cette énergie sur la piste de danse est vraiment proche de celle qu'on vivait au début des Spiral Tribe. Et je pense que c’est lié au fait que tout le monde sur le dancefloor est exactement dans le même état de conscience au même moment : rien pris, rien bu, juste passé une journée en méditation, avec l'esprit ouvert.

Denis, tu es enseignant de méditation : comment comprends-tu le lien entre musique techno et méditation ?

Denis : C'est une même recherche de liberté. On ne s'y prend simplement pas de la même manière. Encore qu'il y a des similitudes. L’élan premier, c’est cette nécessité d'un autre chose, ne pas se sentir coincé dans une identité ou une société trop petite. Sentir qu'il y a bien plus que ça, et aller chercher cette immensité, quelque chose de complètement différent.

« Beaucoup d'activistes viennent à Dharma Techno, des jeunes du mouvement climat, de l'écologie, de la Zad... »

La fête peut être un chemin spirituel. Dans nos retraites, le moment de la danse est autant une méditation au service de la recherche de liberté que les moments de silence. Les deux travaillent à une recherche de découverte de soi, de lâcher prise et de connaissance. (…)

Debbie : Beaucoup d'activistes viennent aussi à Dharma Techno. Plein de jeunes du mouvement climat, de l'écologie, de la Zad aussi. La communauté techno en général est assez engagée.

Comment la méditation vient-elle soutenir l’action militante ?

Denis : Être activiste, ou se sentir impliqués dans la situation du monde actuel, sans être en capacité de trouver la paix de l'esprit, c’est prendre le risque de se cramer, du burn-out. On va se sentir écrasé et impuissant à se battre quand des décisions politiques sont prises à contresens et ont des impacts énormes.

La méditation peut permettre un repos de l'esprit. On s'assoit ou on s'allonge, on ferme les yeux, on pose l'esprit et pendant un temps, tout ce narratif disparaît. On vit un moment de présence à soi d'une tranquillité extraordinaire, très ressourçante, qui permet de retourner à l'action avec justesse.

S'engager pour le monde devient parfois une identité un peu trop forte. La méditation permet d'avoir un lien avec une identité plus profonde, indépendante de celle de l’activiste. (…)

Est-ce plus important encore aujourd'hui, en 2026, de faire ces retraites et ce festival ?

Flow (coordinateur) : J'ai l'impression qu'on vit avec de plus en plus de peurs, dans une société de plus en plus liberticide. Et de travailler sur ces sujets, qu'est-ce qu'une peur, qu'est-ce que ça génère et comment s'en libérer, je pense que c'est très important dans le monde d'aujourd'hui. Et redonner confiance en l'humain, même à toute petite échelle.

« J’ai vraiment retrouvé dans Dharma Techno l'essence de ce qui m'avait profondément parlé à l'époque des free »

De plus en plus d'événements essaient de mélanger une recherche spirituelle profonde avec l'aspect festif. C'est exactement ce dont on a besoin en ce moment, plutôt que de s'isoler et de vivre à travers les réseaux sociaux, les visios. On arrive à un moment où il faut qu'on se serre les coudes.

Denis : Clairement, depuis le Covid, les gens sont d’abord heureux d'être là, ensemble, et de l'être d'une certaine manière. Il y a de la bienveillance, des enfants, des personnes sourdes. C'est très inclusif. On s’engage à y rester du début à la fin, ça crée une ambiance. Il y a une espèce d'intimité. (…)

Flow : Les retours des participants me nourrissent beaucoup. On nous dit souvent à la fin que c'est l’un des rares festivals où tu repars mieux que quand tu es arrivé : boosté, chargé d'une énergie à dispatcher un peu partout dans son quotidien. (…)

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Informations et réservations sur le site du festival.

3. Carnets de voyage

Pendant ce temps, on était mi-juin à la frontière au Luxembourg pour visiter les coulisses des Francofolies d’Esch/Alzette, histoire de voir comprendre comment ce festival s’adapte à son environnement et aux enjeux écologiques actuels.

Bon d’accord, notre Mathilde (inter)nationale a aussi fait le voyage pour danser devant Feu! Chatterton, Miki, Niska et Helena. Mais elle en a profité pour aller regarder derrière les scènes et les food trucks.

Et elle a découvert une équipe qui fait les choses bien : scénos en bois ou réutilisée, com éthique, restauration locale, bio et de saison, vaisselle réutilisable, transports doux gratuits… Ou encore l’adaptation de l’architecture du festival à ce magnifique écrin de verdure (et non l’inverse). Son reportage est à voir juste ci-dessous. 🌳

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4. En Occitanie, le festival Bioviv’Art mêle humour, arts et sciences pour « rendre visible l’invisible »

« Informer, alerter, émerveiller », telle est la mission que s’est donné le festival Bioviv’Art. Mêlant humour, arts vivants et science, il rassemble du 24 au 26 juillet théâtre, danse, concerts et conférences pour sensibiliser à la préservation du vivant. Avec deux personnalités de haut vol en marraine et parrain…

Pourquoi faire le pari de réunir artistes et scientifiques ?

Mickaëlle Bensoussan, directrice : La mission de Bioviv’Art, c’est informer, alerter, émerveiller. On ne peut protéger que ce que l’on aime et pour aimer, il faut déjà connaître les choses. Nous essayons de convoquer à la fois la raison et l’émotion.

L’art et la science sont des domaines qui, pendant de nombreuses années, ne se sont pas trop côtoyés, parce qu’on contenait la science aux choses logiques, sérieuses, et l’art plutôt aux choses créatives et libres. Or, le chercheur et l’artiste ont un point commun : vouloir rendre visible l’invisible.

Vous avez demandé à l’humoriste Swann Périssé d’être marraine du festival. Quel rôle aura-t-elle sur place ?

On connaît son engagement écologique et féministe. Elle interviendra lors d’un bord de scène après « Tout sur ma mer », le seul-en-scène d’Anaëlle Marot, qui raconte son engagement pour la dépollution de la Méditerranée à travers un périple en kayak. Elle sera présente tout au long du festival pour réagir au gré des rencontres, et les festivaliers pourront discuter librement avec elle.

Anaëlle Marot, dans « Tout sur ma mer » © Hélène Dodet

Vous cherchez aussi à faire venir des personnes qui ne viendraient jamais écouter une conférence sur la biodiversité…

La programmation est pensée pour que chacun puisse entrer dans le festival par une porte différente. On accueille par exemple Mathieu Duméry avec Climato, un spectacle entre conférence, quiz et stand-up. Il interpelle constamment le public sur ses connaissances et son engagement. C’est drôle, participatif et accessible à tout le monde.

Il y a aussi Kraft, un spectacle sans paroles mêlant cirque et danse. Toute la scénographie est réalisée en papier kraft, qui devient tour à tour la mer, les vagues ou des animaux marins. C’est un spectacle pour les enfants, tout public, familial. Celles et ceux qui se sentiraient un peu éloigné·es des considérations écologiques peuvent se dire : « On va aller voir de quoi il retourne. »

Et comme le festival est bouillonnant, plein de choses se passent en même temps : des ateliers, des conférences…

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5. Six (gros) papiers (à lire sur la plage)

6. Partager c’est sympa

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