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Bonjour à toutes et tous, et bienvenue si vous rejoignez Pioche!

On vous souhaite une bonne lecture, une excellente semaine,
Et de bonnes Pioche!

1. Flou artistique

« Supersaturation » – installation vidéo et sonore interactive ©Josefina Nelimarkka.

Grand Barnier. Un ancien ministre de l’Environnement de droite (1993), peut-il faire un bon Premier ministre écolo (2024) ? Si la réponse est dans la question, l’on se perd depuis 48h dans l’exégèse d’un discours de politique générale qui cultive le flou pour mieux avancer à vue. Et rester au sec. Citons pour les amateur·es du commentaire de texte les articles de Vert« incantatoire et contradictions » – , Reporterre« continuité, voire reculade »Mediapart« l’écologie naphtaline » – et cette synthèse du Monde : « le doute plane sur ses intentions ».

Freedom desire. Le fondateur de l’ON Sea Shepherd et iconique défenseur des baleines Paul Watson reste en prison, a décidé hier le tribunal de Nuuk, au Groenland, le temps que la justice danoise se prononce sur la demande d’extradition formulée par le Japon. Pas simple. Besoin d’un récap’ sur cette affaire ? Reporterre vient de sortir un papier concis et précis pour tout comprendre.

Ponyo. Entre deux AR au Groenland, Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, est aussi marraine des plus de 200 jeunes de 15 à 25 ans – venus d’écoles, d’hôpitaux, des prisons, d’écoles de la 2e chance etc. – du programme « Écrire l'avenir des océans ». Leur mission : imaginer en texte des solutions pour protéger les océans à l’horizon 2050, en vu de l'année des océans en 2025. Vingt-six de ces récits deviendront des courts-métrages réalisés par des étudiants des Gobelins.

En passant, l'Institut finlandais inaugure ce 3 octobre à Paris l’exposition Beyond the Horizon / Futurs Horizons, réunissant deux artistes émergentes de l'art contemporain finlandais, Anna Niskanen et Josefina Nelimarkka (ci-dessus), autour de la thématique de l'air, des nuages, du paysage, de la science, du climat... Visible jusqu’au 21 décembre.

2. « La dimension éphémère d’un spectacle est plus palpable quand on tourne à vélo » – Théo de Boissezon, La Poursuite

Ils et elles démontrent que les tournées en camion ou en avion ne sont pas une fatalité. Partout en France, ces artistes voyagent de spectacle en spectacle sur un vélo, à cheval, et même à pied.

De quoi se laisser surprendre par l’aventure, et ouvrir des chemins pour une transition écologique du spectacle vivant portée par les celles et ceux qui le font. Baptiste Thomasset est aller leur tendre le micro.

Partout dans le secteur du spectacle vivant s’élèvent des voix contre les tournées à rallonge, cumulant les kilomètres en camion ou en avion au mépris de l’environnement et de la santé des professionnel·les. Face à ces inquiétudes, les artistes et technicien·nes membres du Réseau des arts à modes doux (Armodo) expérimentent des modes de tournées alternatifs. Rencontre avec trois artistes qui ont expérimenté la tournée en modes doux.

Théo de Boissezon, Compagnie La Poursuite : J’ai découvert la tournée à vélo lors d’un grand voyage en tandem avec un ami, en 2015. On est allés jusqu’à la mer Noire en ne vivant que de musique de rue pendant trois mois et demi. On n’était pas pressés, c’était comme des vacances. C’est sur ce modèle-là, très spontané, que j’ai calqué le rythme de toutes mes tournées futures.

Ce n’est pas tous les jours facile, mais ça me rend tellement heureux d’arriver à me passer d’un moteur autant que possible. Je n’ai pas à faire le plein, je suis souvent en plein air, j’ai une forme de solitude qu’on ne retrouve pas dans le camion, je n’écrase pas d’animaux… Et les paysages que je traverse me nourrissent artistiquement, même une zone industrielle un peu glauque.

Il se passe aussi quelque chose avec le public. La dimension éphémère d’un spectacle est plus forte, plus palpable quand on arrive à vélo. On peut tout de suite parler de l’itinéraire, on partage quelque chose de très concret, ils/elles peuvent se dire « il est passé par le petit bois et il a galéré dans la montée ».

Stefan Bastin – Roulotte verte et compagnie : Ce qui m’a accroché dans la tournée en roulotte, c’est d’abord le nomadisme. Tu arrives quelque part, tu joues ton spectacle et le lendemain tu repars, tout change toujours autour de toi, c’est une expérience très forte. (…)

Le cheval, quand tu arrives dans un village, c’est aussi ton ambassadeur. Un soir, alors que nous étions dans un village dans lequel nous sommes passé·es plusieurs été d’affilée, une centaine d’habitant·es s’est spontanément installée à 20h devant la roulotte garée sur la place du village. Ce jour-là, nous n’avions pas prévu de jouer, donc rien n’avait été annoncé, seulement le bouche à oreille et ce lien que nous avons créé chaque année avec les habitant·es. On a donc joué ce soir-là, et encore le lendemain.

Même si la tournée en roulotte devient de plus en plus compliquée à cause des contraintes administratives, ça reste vraiment une manière incroyable de renouer avec une forme d’artisanat artistique. Le déplacement devient un plaisir, on sort de la logique du marché des arts vivants pour vivre et partager quelque chose de fort autour de la culture.

Mbalou Arnould, Compagnie En cavale : J’ai adapté mon spectacle La maison de ma mère en un dispositif minimal : un régisseur et une comédienne. On a fait deux tournées à pied en Belgique, de sept et dix jours, en jouant dans des petits lieux ou directement chez les gens. Je trouve que le rythme pédestre, c’est le rythme le plus facile pour rencontrer les gens et pour que les gens aient le temps de te suivre. Tu peux traverser une rue, papoter un temps avec quelqu’un, puis continuer, tu es au rythme de l’humain. (…)

Lire la suite de l’article sur Pioche!.
Suivre l’actualité du Réseau des arts à modes doux, Armodo.

3. Facile à chanter

Easy Reader. Parfois, les choses sont bien faites. Voyez plutôt ce week-end. Le Tout-Paris (oui oui) de l’écologie sera à l’Académie du Climat pour le 22e Festival du livre et de la presse d'écologie : une foule d’exposants, de tables-rondes, d'auteur·ices (Alain Damasio, Corinne Morel Darleux, Geneviève Pruvost, Malcolm Ferdinand…), d’ateliers, un concert, une conférence-contée... Ainsi qu’une journée pro (vendredi) et un programme jeunesse. Bien sûr, vous y serez aussi.

GRRRrrrr!!! De même si vous êtes plus au Sud. À Grenoble, l’affaire est entendue : le Climat Libé Tour y fait étape les 4 et 5/10 avec un programme pas piqué des hannetons (?). Philippe Torreton, Jeanne Cherhal, Adélaïde Charlier, Noël Mamère, l’autrice du prix du roman d’écologie 2024 Clara Arnaud, ou les climatologues Serge Zaka et Valérie Masson-Delmotte participeront à des débats intelligents, quand Patrick Scheyder et Thomas Brail présenteront leur spectacle L’Éloge de la forêt. Zou.

Cœur à vif. Et à Montpellier, le festival Le Monde Nouveau (4-5/10) coche la case avec, outre des rencontres un peu corpo (SNCF, Chambre d’agriculture, Veolia, etc.), de beaux moments sans cravate avec Laurence Tubiana, Joëlle Zask, Christophe Cassou, l’aviateur Loïc Blaise, ou la team Banlieues Climat : Abdelaali El Badaoui, Féris Barkat, Sanaa Saitouli. Un coup de cœur ? La projo du film Ruptures suivi d’un débat « bifurcations » avec le réal’ Arthur Gosset, modéré par Julie Pasquet (Le Bruit qui court).

Enfin last but not least, la métropole de Bordeaux s’associe à l’événement Slowfest pour proposer le 5/10 le festival familial, artistique et éco-citoyen Ô Mon fleuve (cleanwalk, village, tribunal du fleuve, DJ set etc.), quand Lyon accueille le 9e Greener Festival (5-6/10) avec une multitude de moments pour questionner l’écologie au quotidien, dont le numérique, la fête, l’habillement... Une évidence.

4. C’est passé chez Pioche!

Mars eyes. Le week-end dernier, Pioche! était à Marseille pour le pointu festival Utopia où nous co-organisions une « fête parfaite® » à la recette toujours aussi efficace : 1/ démarrer par une rencontre pour questionner le sens de la fête (s/o à Jeanne Lacaille pour la modération) ; 2/ relever avec le DJ set d’un artiste engagé (coucou Fakear) et 3/ et dresser le tout sur un sound system économe en énergie (les Marseillais de Pikip Solar Speakers). Dégustation en images :

La semaine pro, on débarque à Toulouse pour l’événement 100% tiers-lieux Faire Tiers-Lieux (8-10/ 10) où l’équipe anime deux débats ouverts – « Renforcer la société de coopération » ainsi que « Pouvoir d’achat, pouvoir d’agir, même combat ? » – et documente quelques autres programmes. Avec du temps pour trinquer, sobrement s’entend, entre deux prises de notes sténographiques (bluff). On s’y croise ?

5. Rentrée littéraire (bis)

Le livre. Plusieurs ouvrages rejoignent notre bibliothèque – réelle ou idéale – cette semaine. Tout d’abord, L’imaginaire au pouvoir. Science-fiction politique et utopies, de Vincent Gerber (éd. Le Passager Clandestin, postface de Corinne Morel Darleux). Le spécialiste de l’écologie sociale relie Philip K. Dick à Kim Stanley Robinson, Ursula K. Le Guin ou Alain Damasio et montre combien la puissance des utopies / expérimentations des œuvres de SF peut libérer les imaginaires politiques. Salvateur.

Le livre. C’est aussi le cas du dernier livre de Charles Stépanoff, Attachements (éd. La Découverte). Après le brillant L’animal et la mort – dévoré et offert plusieurs fois – sur la chasse, l’anthropologue prolonge sa réflexion sur la relation de l’humain à l’animal dit « domestique », devenu « animal-enfant » ou « animal-matière » plutôt qu’un allié. L’interview de l’auteur par Reporterre cette semaine a fini de nous convaincre.

Le livre. Et enfin de cette nouvelle collection intitulée Urgence écologique (éd. La Plage) déclinée en petits précis thématiques – « Le monde de la mode / de l’influence / du journalisme / de la gastronomie face à l’urgence climatique » – rédigés par la sémillante journaliste Anne-Sophie Novel, où chaque volume est un recueil d’entretiens : Matéo Bales, Girl Go Green, Gaetan Gabriele ou The Impact Story pour les influs, Eric Fottorino, Salomé Saqué, Inès Léraud ou Stéphane Foucart côté journalistes… Vivifiant.

Le film. Si nous ne l’avons pas encore vu, l’accueil que reçoit L’Usage du Monde, Voyage entre Nature et Culture, de la réalisatrice indé Agnès Fouilleux, lors de sa tournée des cinés alternatifs, est à l’unisson. « Une balade historique, ethnologique, philosophique aussi riche que touchante » pour Télérama ; « Un plaidoyer lumineux (…) qui invite à reconsidérer ce qui nous unit à la nature » pour Les fiches du cinéma. On a repéré notre séance parmi les prochaines sous ce lien.

6. Hyperliens

Vous avez un projet ou une annonce à faire paraître sur Pioche! ? Écrivez-nous à [email protected].

  • Nos chers amis lyonnais Louise et Jérémy, fondateurs du média du numérique responsable Les e-Novateurs lancent une campagne de soutien pour aider au développement de leur rédaction. Full support.

  • Ce week-end sur l’île de Vassivière (Creuse) a lieu le plus important salon des producteurs de plantes aromatiques et médicinales de France, oui, avec comme fil rouge : « Adaptation et résilience face à la pénurie annoncée ».

  • Intéressé·e par « le premier cours en ligne gratuit sur la sylviculture mélangée à couvert continu » et ce, en trois langues ? Nous aussi. Ce MOOC proposé par Forest for Change démarre le 14/10, et nous sommes déjà inscrits.

7. Mycelium

🤓 Merci d’avoir parcouru jusqu’ici cette nouvelle édition de Pioche!. Qu’en pensez-vous ? Écrivez-nous (sans filtre) à [email protected].

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