Bonjour à toutes et tous, et bienvenue si vous nous rejoignez sur Pioche!
1. Une belle journée

Les affiches de la nouvelle campagne pro-gourdes du Club Zero Plastique.
Prix Choc. La journaliste à Mediapart Amélie Poinssot a reçu samedi au Festival du livre de Mouans-Sartoux le Prix du livre engagé pour la planète, catégorie « Essais » pour Qui va nous nourrir ? Au cœur de l'urgence écologique, le renouveau paysan, sorti chez Actes Sud en février . Le prix du meilleur roman est lui attribué à Zineb Mekouar pour Souviens-toi des abeilles (Gallimard).
Guestlist. On aime la nouvelle campagne #RamèneTaGourde lancée ce 8/10 par le Club Zero Plastique – collectif de 24 clubs français + le syndicat Culture Nuit – pour « inviter tous les acteurs du milieu festif à autoriser et encourager les publics à apporter leurs propres gourdes » en soirée. Comme en festival, tout club, bar ou discothèque peut ainsi inviter son public à cette nouvelle pratique. Et puis les affiches claquent.
Good Coop. C’est l’événement de ce début d’automne pour les médias indépendants, le lancement de Coop-médias ce 9/10 à l’Académie du Climat. En back office de cette coopérative de l’info, qui vise à se donner de la force face aux milliardaires et GAFAM, les gens d’Enercoop, Windcoop et des Licooornes. Et comme premiers adhérents, Vert, Blast, Facas, Reporterre, Politis, Les Jours ou Street Press….
…et Pioche!, qui co-organise pour cette journée de lancement une rencontre-atelier entre journalistes émérites (Paloma Moritz, Loup Espargilière…), et influenceur·seuses mobilisé·es (MC Danse Pour le Climat, Ta Mère Nature, Stacy Algrain…). Leur mission : poser les conditions de possibilité d’un monde de l’info plus indépendant et plus fort en 2027. Une belle journée.
2. French 79 : « Avant de composer, je pars d'abord à la montagne ou sur mon bateau une semaine » – French 79
Digne héritier de la French Touch, le Marseillais Simon Henner alias French 79 a réussi, en trois albums et autant de tournées, à conquérir les salles et les cœurs à grands coups de synthés saturés, de kicks rebondis et de mélodies pop. Lui donnant les moyens de renouer sur scène et sur disque avec son amour de toujours pour la nature et la protection de l’environnement. Rencontre.
Ce n’est pas très connu, mais au départ, tu es ingénieur en environnement. Qu’est-ce qui t’a donné envie, à 20 ans, d’étudier la protection de l’environnement à Marseille ?
French 79 : Je suis né dans les Vosges, dans la forêt, et j’ai ensuite grandi une bonne partie de ma vie à Chamonix. J’ai toujours aimé ça, aller dehors, prendre l’air. Alors quand à 20 ans, on te demande ce que tu vas faire toute ta vie, j’ai tout de suite voulu quelque chose en rapport avec la nature, et ne pas être enfermé dans un bureau.
Je me suis retrouvé à Essaouira, au Maroc, pour y protéger la forêt de thuyas, à faire de la recherche de financement dans un bureau. Ça ne m’a pas plu du tout, je passais ma journée devant un ordinateur alors que je ne rêvais que de voyages, de planches à voile, de montagne.
À 23 ans, j’ai arrêté pour passer le concours de prof. Ce que j’ai fait 5 ans à Marseille. D’abord instit’, puis prof de musique au collège dans les quartiers Nord. La musique est venue assez rapidement ensuite, jusqu’à prendre le dessus depuis 15 ans.
Quand as-tu fait la jonction entre l’environnement et la musique ?
Il n’y a pas si longtemps, quand j’ai commencé à avoir les moyens de le faire. L’environnement, pour moi, c’est quelque chose à considérer au sens large. C’est moins les petits gestes que ne pas changer sa voiture tous les deux ans.
J’essaie de ne travailler qu’avec des gens autour de moi. Manger des fruits et des légumes d’à côté. Dans ma tournée depuis 4 ou 5 ans, j’ai pu imposer une scénographie avec des LED et de l’aluminium entièrement recyclés.

French 79 en live avec sa scénographie recyclée ©Gwendal Le Flem
Je veux aussi rester dans la musique indépendante. J’ai toujours refusé d’aller chez Universal, d’être chez Live Nation. Je suis sur un petit label indépendant à Marseille (IN/EX, ndlr.), un éditeur relativement gros mais indépendant (Alter-K ndlr.).
Outre la production, travailles-tu ta musique pour y intégrer des éléments sonores naturels, un paysage ?
Intégrer un son comme un bruitage de petite rivière, dans ma musique, ce n’est pas trop mon truc. Par contre, avant de composer, j’essaie de partir à la montagne pour faire le tour d’un sommet pendant une semaine, ou une semaine sur mon bateau.
Quand je reviens, je vais tout de suite au studio et j’essaie de retranscrire ce que j’ai vécu dans ces moments de nature. Ça fait complètement partie de mon inspiration. J’aime être tout seul en montagne ou en voilier, et au retour, j’ai des images plein la tête dont je peux me servir pendant plusieurs jours en studio.
Tes morceaux ont servi de bande originale à de nombreuses vidéos d’associations et de documentaires engagés pour l‘écologie. Pourquoi trouve-t-on si souvent ta musique sur ces sujets ?
C'est quelque chose que j’ai demandé à mon éditeur. Quand la cause est la protection de l'environnement ou des questions sociales, que l’on accepte les demandes d’utilisations gratuites de mes chansons. En principe, cela vaut beaucoup d’argent.
Beaucoup de mes musiques sont utilisées sur des documentaires ou des vidéos d’ONG, pour certaines financées par l'Europe, et qui ont des millions d'euros pour ça. Mais je préfère qu’ils mettent ces sous dans une paie pour un gars qui va ramasser du plastique. (…)
Lire l’intégralité de l’interview sur Pioche!.
3. Facile à chanter
Amen blend. On reste à l’Académie du Climat pour le Forum Low Carbon (11-13/10). Sous-titré « pour une écologie populaire, féministe et inclusive », les figures de ces trois causes – Marine Tondelier, Vinz Kanté, Réjane Sénac, Achraf Manar, Sandrine Rousseau, Mélissa Camara... – y questionnent ensemble « le rôle du travail dans une société plus durable » ou « quelle écologie populaire pour gagner ». Le mix parfait.
La 25e image. Un peu plus à l’Ouest – métro La Défense – le festival de films Atmosphères (9-13/10) ouvre sa 14e édition avec la défense des océans comme fil rouge – et Claire Nouvian (Bloom) en marraine, aux côtés de l’acteur Swann Arlaud (CUT!). S’y rendre pour son village et ses talks. Et sa sélection aux petits oignons de docus, longs et courts métrages, dont l’impactant Deep Rising en ouverture.
MacGyver. Ras le bol du tri ? Rendez-vous à Lyon ce week-end pour le R Festival, un festival « 100% déchets » où artistes, artisans et acteurs de la low tech montent le mobilier, la scénographie ou le matos électronique à partir d’une grosse pile de déchets réemployés. Idem pour les projets artistiques : spectacles d'art de rue, concerts, match de réparation ou grand atelier invitent le public à expérimenter l’art de la bricole.
Enfin, plus 1000 jeunes engagés contre l’injustice climatique dans les quartiers populaires prennent la parole, mardi 15/10 à la Gaîté Lyrique, par la voix de l’association Gett’up. Celle-ci présentera 2 ans d’enquête sur les enjeux climat dans les quartiers aux côtés de plusieurs personnalités.
4. C’est passé chez Pioche!
Pédale. Ce dimanche à Montpellier, on fête la fin du 2030 Festival – co-porté par Pioche! – avec une grande parade à vélo organisée avec l’association Vélocité, Pikip Solar Speakers, Mama Sound et les Mixeuses solidaires aux platines, en partenariat avec Diffuz, le réseau des actions bénévoles de la Macif. Toutes les infos ci-dessous.
5. Rentrée littéraire (ter)
Que l’on n’en fasse pas une habitude (encore que). À nouveau, les publications littéraires d’importance sont nombreuses. En voici une brève sélection.
Pollux. À commencer par Rendre l’eau à la terre, Alliances dans les rivières face au chaos climatique (Actes Sud). Faut-il rappeler l’éminent travail de Baptiste Morizot sur les loups, et son impact sur la pensée contemporaine ? Partant cette fois des castors, le texte se trouve illustré d’une cinquantaine d’aquarelle de la plasticienne Suzanne Husky. Conversation autour du livre le 17/10 à l’Académie du Climat.
Sliders. Du côté de l’écologie décoloniale, trois ouvrages-clés paraissent ces jours-ci. Dans Un autre possible est possible (Zulma) le Colombien Arturo Escobar, penseur majeur du sujet, y prolonge sa notion de « plurivers » : en contrepoint à la pensée universaliste occidentale, il appelle à considérer la diversité des points de vue du vivant pour mieux établir notre inter-existence et nos droits spécifiques. Vertigineux.
Judge Dread. De droit il s’agit encore dans le petit livre Décoloniser le Droit (Wildproject). La militante et cofondatrice de Wild Legal Marine Calmet y discute avec Marin Schaffner de la diversité des normes, et donc des droits, dans un contexte de lutte pour attribuer des droits aux éléments naturels (rivière, montagne, forêt…) afin de mieux les protéger de l’extractivisme. Pédagogique, et radical.
Upside Down. Enfin, et pas des moindres, Ces sont d’autres gens, du philosophe Jean-Christophe Goddard, renverse le regard ethnologique européen sur les peuples colonisés en allant dénicher, à l’inverse, les pensées critiques sur les colons par les activistes, écrivains ou théoriciens de Guyane, Brésil, Congo ou du Cameroun. Un livre « salutaire sur un champ philosophique européen au narcissisme congénital » dit-on.
6. Biohazard

Extrait de « aBiogenesis », l’œuvre mutante de Makos Kay, à voir au festival Maintenant.
L’œuvre. Chaque année, l’excitation règne à quelques jours du festival des cultures numériques Maintenant, à Rennes (8-13/10). Car chaque fois, celui-ci surprend par sa facilité à programmer des œuvres sonores et visuelles expérimentales/avant-gardistes pour le grand public. Bien sûr, l’écologie n’est jamais loin, à l’image de la magnifique œuvre bio-numérique de l’artiste Markos Kay, qui signe l’affiche du festival. À voir.
Le podcast. Embrouille au lycée : un portable s’est fait voler par un caïd de la cité. L’objet fétiche de l’époque devient l’occasion d’une réflexion sur les impacts liés à sa fabrication des métaux rares à la transition énergétique. Construit comme un objet pédagogique mais destiné à tous·tes, 13000 litres d’eau et quelques gouttes a reçu le Prix de la création jeunesse 2024 au Festival Longueur d’ondes à Brest.
La revue. Les tiers-lieux peuvent-ils être les leviers de la planification écologique dans les territoires ? Des plateformes de démocratie et de coopération locales ? C’est depuis ces interrogations que France Tiers-Lieux a entrepris une large enquête désormais compilée dans une revue, Tiers-lieux et transition écologique, à la forme certes un peu instit’ mais au fond essentiel. Et téléchargeable gratuitement.
Le film. Il sort enfin 29 173 NM, le film co-réalisé par le musicien Molécule lors du Vendée Globe 2020 (re-lire nos interviews ici et là). Grâce aux dizaines de micros et caméras accrochés sur le bateau du skipper Thomas Ruyant, le spectateur vit de l’intérieur l’intensité de la lutte entre ce frêle esquif, son capitaine et la puissance des océans. Sur de la musique techno. À voir sur Sailorz dès le 11/10 et France TV le 24/10.
7. Hyperliens
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Entre Rennes et Saint-Senoux les 11 et 12/10, Printemps Bruyant invite une quinzaine d’artistes à ré-imaginer notre rapport à la rivière la Vilaine avec Un fleuve en commun. Avec des temps d’échanges/restitutions en public à l’issue.
C’est la dernière tournée pour Coupures (relire notre interview), cette pièce de la compagnie La Poursuite du Bleu si juste sur les enjeux de la démocratie locale dans un contexte de transition écologique. Les dernières dates sont ici.
Almaz organise samedi son annuelle soirée musicale à la Sainte-Baume, près d’Aix-en-Provence : un concert intimiste dans une grotte accessible après 1h de marche en forêt. Unique. Se munir d’une lampe pour le retour.
Dessinatrice, Tymch expose ses « dessins musicaux » inspirés des artistes et collectifs Koclico, Le Bruit qui Court, la Magma, l'Écologie culturelle, Lemofil, Minuit 12 au Bar Commun (Paris 18e) dès le 11/10.
La réalisatrice de Bigger Than Us Flore Vasseur sort son livre Et maintenant que faisons-nous ? chez Grasset et réunit artistes et activistes au Consulat Voltaire ce 14/10 pour des lectures, prises de parole, théâtre et musique.
Le même jour, l’asso Terre & Humanisme célèbre ses 30 ans au service de l’agroécologie en France et dans le monde à l'Académie du Climat autour du sujet « L’agroécologie pour tous ».
Nous évoquions la semaine dernière la nouvelle collection Urgence écologique des éditions La Plage. La soirée de lancement c’est au MakeSense Space (Paris 12e), mardi 15/10 à 19h30.
L’asso Avenir Climatique organise son Academy – une formation gratuite en 4 week-ends sur les enjeux énergie-climat-société pour le grand public – à Lyon, Paris, Poitiers, Rennes et Montpellier dès novembre. Toutes les infos en vidéo.
Olivier Bessy, professeur à l’Université de Pau, spécialiste du sport et du tourisme durable (lire notre interview) publie un livre critique sur l'UTMB et sa dérive environnementale. Commande par mail à : [email protected].
8. Toile toile toile
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