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1. À bout de souffle

En 2014, Evelyne Dhéliat avait marqué les esprits en présentant un bulletin météo fictif pour 2050. Elle est revenue sur cette carte dans le JT de TF1 (lien vers la vidéo ici)

Guinness Book. Mercredi a été la journée la plus chaude jamais mesurée en France hexagonale. Et les records vont continuer de tomber, rappelait la géographe Magali Reghezza-Zitt dans la matinale d’Inter. Pour l’ex-membre du Haut conseil pour le climat de 2019 à 2023, « on est en train de vivre l'une des années les plus froides du reste de notre vie ». Plutôt qu’un débat sur la clim’, ouvrons enfin – et aussi sur Inter – celui des politiques de rupture à mener face à un modèle (et des vies) à bout de souffle.

Green block. Dans l’esprit, de (très) nombreuses structures liées aux combats sociaux et écologiques signent dans Vert un appel à la résistance, dont ESS France, Greenpeace, Reses, FNE, Zero Waste, 350.org, RAC, Emmaüs, Oxfam, Enercoop, Alternatiba, ANV-COP21, ATD Quart-Monde, Fridays for future France, Bloom, Notre Affaire à tous, AVF, Commerce Equitable, Les Amis de la Terre France, Reclaim Finance, Amnesty International, Terre de Liens, Attac, AJC, Action contre la faim, Cler…

Goooals. Parmi les alternatives, deux victoires cette semaine pour l’économie sociale et solidaire (ESS) : 1/ le recul du gouvernement sur les annulations de crédits à l’ESS – « un immense soulagement » – suite à une lettre ouverte de 4000 signataires (dont Pioche!) au Premier ministre ; 2/ le lancement du label ESS-l'économie en mieux pour « éclairer les citoyennes et citoyens dans leurs choix au quotidien » – comme l’imaginait Benoît Hamon, président d’ESS France, à notre micro en octobre.

Pendant ce temps, le gouvernement présentait hier en Conseil des ministres une loi visant à remettre en location plus de 700 000 logements « bouilloires thermiques » interdits depuis 2025. « Le comble du cynisme » pour Greenpeace, quand « des centaines de milliers de locataires, pour la plupart modestes, souffrent de la canicule dans des logements insalubres, surchauffés et invivables (…) et alors que les périodes de forte chaleur vont se multiplier ».

2. La musique en résistance : l’Appel des 1 000

Nous republions ici une partie de « l’Appel des 1000 ». Initié par le nouveau collectif Cultures Futures, le Syndicat des musiques actuelles (SMA) et l’hebdomadaire Politis, et signé par plus de 1200 artistes et travailleur·ses de la musique – dont Pioche! – ce texte ouvre un dossier spécial du précédent numéro de Politis, « La musique entre en résistance », paru le 18 juin et disponible ici. Retrouver l’intégralité du texte ici.

Après les initiatives du monde de l’édition et du cinéma, et face aux risques politiques et culturels à venir, des artistes et travailleur·ses de la musique appellent à défendre la diversité, les libertés de création et un modèle fondé sur la coopération plutôt que sur les monopoles.

(…) Nous regardons l’élection présidentielle de 2027 avec inquiétude, nous nous alarmons vivement du risque de basculement officiel du pays à l’extrême droite dans une poignée de mois. Nous, artistes et travailleur·ses de la musique, souhaitons prendre part activement à la résistance contre l’extrême droite et toutes les forces et partis réactionnaires à l’œuvre dans ce pays. Au nom d’une société désirable, nous refusons de laisser s’imposer des représentations fondées sur l’exclusion, le repli et la hiérarchie des vies.

Les droites réactionnaires comprennent parfaitement le rôle de la culture. Elles savent que les récits collectifs précèdent souvent les lois. Elles cherchent à trier les existences, discipliner les corps, récupérer les traditions, désigner des indésirables. Le rap, les musiques traditionnelles, le monde de la nuit, les scènes queers le savent déjà : la musique est un champ de bataille démocratique. (…)

Concentration croissante

Depuis plusieurs mois, le monde de la culture se mobilise contre la concentration croissante des industries culturelles et médiatiques. Dans l’édition, le cinéma, la presse libre et indépendante, on alerte sur les conséquences d’un modèle où un nombre toujours plus réduit d’acteurs contrôle les moyens de production, de diffusion et de prescription des œuvres. Le monde de la musique n’est pas épargné par ces phénomènes.

La concentration y est devenue une réalité structurante, où une poignée de groupes occupe une position dominante. Certains empires médiatiques et culturels montrent combien concentration industrielle, austérité et bataille réactionnaire des récits peuvent se nourrir mutuellement. (…)

Faire converger les forces

L’heure n’est plus à la simple résistance. Nous avons besoin d’un projet commun : une culture fondée sur la coopération plutôt que la concentration, sur la proximité plutôt que le gigantisme, sur les communs plutôt que les monopoles. Nous ne voulons pas seulement dénoncer la concentration ; nous voulons organiser la déconcentration. Reprendre la musique aux machines, c’est ouvrir des cultures futures. La culture n’est pas un marché comme un autre, elle est l’une des conditions d’une société heureuse. Elle doit être libre, plurielle, contradictoire.

Nous, artistes, technicien·nes, travailleur·ses de la musique, souhaitons nous inscrire dans la lutte contre cette propagation réactionnaire en cours. Nous, artistes, technicien·nes, travailleur·ses de la musique, souhaitons prendre part à la réflexion et à la construction de futurs souhaitables. Rassemblons-nous. Faisons converger nos forces au-delà de nos scènes, de nos esthétiques et de nos secteurs. Relions la musique aux autres champs de la culture, de la recherche, des médias indépendants et de la société civile. Pesons dans le débat de la campagne présidentielle, et construisons ensemble les solidarités capables d’ouvrir d’autres possibles.

Pour rejoindre l’appel, rendez-vous ici.

Premiers signataires…

November Ultra, Médine, Bernard Lavilliers, Barbara Pravi, Renaud, Tryo, Ebony, Danakil, French 79, Mathilde, Lisa Pariente, Flore Benguigui, Aloïse Sauvage, Planète Boom Boom, MC danse pour le climat, Dominique A, IAM, Les Fatals Picards, Thérèse, Voyou, Emily Loizeau, Les Ogres de Barback, Sandra Nkaké, Tim Dup, Fakear, Igorrr, Silly Boy Blue, Nadège Beausson-Diagne, Chinese Man, La Rue Kétanou, Terrenoire, Gauvain Sers, Moriarty, Astéréotypie, MNNQNS, Chapelier Fou, Lulu Van Trapp, Birds in Row, The Psychotic Monks, Chien noir, Gwendoline, Kalika, L’Orchestre du Nouveau Monde, Seb Martel, Mathieu Boogaerts, Tahiti 80, Ehla (Léa Luciani), Orange Blossom, Henri Texier, Louisahhh, Super Parquet, High Tone, Pi Ja Ma, Yann Tiersen…

3. Intersections

27-28 juin, Paris. OK il n’y a plus de place, mais on lui en fait une ici tant on souhaite le meilleur – et une suite – au Festival Intersections organisé par l’hebdo Politis (décidément). Jour 1 : Rokhaya Diallo reçoit Annie Ernaux, carte blanche à Adèle Haenel, carte blanche à Fatima Ouassak… Jour 2 : Antispécisme avec Réjane Sénac, « ce que l’extrême droite fait à la création artistique » par le collectif Cultures Futures, et concert de Nadège Beausson-Diagne, Mathilde, Lisa Pariente… Encore !

26-28 juin, Lyon. La Ville de Lyon rempile avec son festival maison (et gratuit) Entre Rhône et Saône, ses plus de 200 balades, spectacles, rencontres ou contes portés par les acteurs et assos du territoire, et notamment dans deux lieux-phares : les berges du Rhône à la Guillotière et la darse nautique à la Confluence – où se trouvent aussi les guinguettes, malin. On n’en oubliera par l’objectif premier : mieux connaître et célébrer les mondes vivants entre (et dans) les deux fleuves.

2-4 juillet, Anneyron (Drôme). Dub Inc., Julian Marley, Neg’ Marrons, Sniper, Yaniss Odua, Ondubground… Notre vieille pile de CDs d’ado (rayés) ? Absolument. Et la réjouissante prog’ du festival Erva qui combine grooves, basses et madeleines de Proust implacables, avec de solides engagements éco-responsables – malgré des têtes d’affiche surtout masculines, donc. Chanmé.

4. Passé chez Pioche!

5. RSVP

À l’approche de l’été, de jolis rendez-vous s’annoncent, dont certains avec des jauges (très) limitées. Voici quelques appels à inscriptions à ne pas manquer pour être sûr·e d’avoir sa place.

2-5 juillet, Cornillon-en-Trièves (38). Pour sa 4e session d’été, l’Université des terrestres (issue d’un travail avec Bruno Latour) invite à enquêter collectivement sur les « nouveaux territoires de la santé », en articulant arts et sciences de façon active, participative et accessible – et donc forcément joyeuse – aux côtés des chercheur·se·s Camille Besombes, Marc Billaud, Pierre-Henri Gouyon ou Katrin Solhdju.

7-9 juillet, Paris. Jeunesse, transition, IA, qualité de vie au travail, numérique et souveraineté… Si les thèmes de cette 12e édition du Forum Entreprendre dans la Culture sont convenus, nul doute que les échanges à leurs sujets refléteront les tensions (et crispations) que chacun renferme, au sein d’un secteur de la culture autant en transformation que malmené. S’y retrouver pour se serrer les coudes.

19 novembre, Marseille. On prend un peu d’avance mais les places partent vite nous dit le Cofees, ce réseau d’événements éco-pensés en Région Sud, qui a ouvert il y a peu les inscriptions de son 2e forum FOCUS. Fil rouge cette année « les événements peuvent-ils encore être festifs et responsables ? » ; et comme grand témoin, l’illustre illustratrice féministe Blanche Sabbah (son Insta ici).

Last but not least, en coulisses Pioche! prépare à nouveau sa grande parade à vélo « manifestive » au Cabaret Vert (20-23 août), aux côtés de Ma Ville à vélo et Diffuz. Cette année, Planète Boum Boum prend les commandes des platines et les inscriptions sont ouvertes : 1/ pour rejoindre la Parade ; et 2/ la géniale équipe bénévole de Cabaret Vert - Nick Cave, Theodora, Deftones, Miki… À vous.

6. Six papiers

7. Ensemble on va plus loin, tout ça

  • L’énergique Koclico livre un puissant live orchestral de son morceau « Invaincue » issue de la campagne Notre Ohrage et dédiée aux victimes de violences sexuelles - à voir ici.

  • C’est d’actualité, ce 30 juin, le bureau d’étude Incub propose le webinaire « Festivals et événements : survivre aux vagues de chaleur » nourri de leurs travaux à Avignon, Aix et Arles (notre interview).

  • La ZAD de Notre-Dame-deLandes accueille ce jeudi le collectif juif décolonial Tsedek! pour leur livre Lutter en rupture, Lutter en solidarité, publié le 6 février.

  • Le CNM lance une étude sur les salles de plus de 5000 places (= Arenas, Zeniths, stades) pour mieux connaître leurs modèles, leurs articulations aux SMAC et festivals, et interroger le label Zenith. Résultat fin 2026.

  • Revoir les conférences sur les enjeux environnementaux qui ont lieu au centre d’art arlésien Luma lors de la 5e édition du symposium Histoire environnementale et des LUMA Eco Days.

  • Précommander la revue Nectart 23 des éditions de l’Attribut et son grand dossier consacré aux guerres culturelles de l'extrême droite.

  • Le ministère de la Culture a lancé son appel à candidatures 2027 des Résidences vertes aux artistes, pour repenser leur pratique à l’aune des enjeux écologiques, avec des partenaires culturels et de la transition. Les lauréats 2026 sont pour info.

8. À la semaine pro (avec Tryo)

🤓 Merci d’avoir parcouru jusqu’ici cette nouvelle édition de Pioche!. Qu’en pensez-vous ? Écrivez-nous (sans filtre) à [email protected].

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